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CRIEF : Le procès qui pourrait faire trembler le cœur du système minier guinéen

Corruption présumée, conflits d’intérêts et soupçons de dérives : trois hauts cadres des Mines face à la justice. Derrière l’audience, une question explosive : certains serviteurs de l’État défendent-ils encore l’intérêt national ou des intérêts particuliers ?

CONAKRY — Le dossier était attendu. Il pourrait devenir l’un des procès les plus scrutés de ces dernières années dans le secteur minier guinéen. Ce lundi 27 juillet 2026, la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ouvert les débats dans une affaire mettant en cause plusieurs hauts responsables du ministère des Mines et de la Géologie.

Une audience d’ouverture qui marque le début d’une bataille judiciaire aux enjeux considérables pour un secteur considéré comme le poumon économique du pays. Après les premières confrontations de procédure, la Cour a finalement renvoyé l’affaire au 5 octobre 2026, laissant planer plusieurs interrogations sur les pratiques internes au sein d’un département stratégique où se jouent des milliards de dollars.

Sur le banc des accusés figuraient trois hauts responsables du ministère des Mines :

1- Karamo Soumah, inspecteur général du ministère des Mines et de la Géologie ;

2- Moussa Nimaga, directeur général du Bureau des évaluations des quantités et de la qualité des produits miniers à l’exportation ;

3- Sékou Sampil, directeur des Affaires juridiques du département.

Ils sont poursuivis pour des faits présumés de corruption dans les secteurs public et privé, atteinte à l’environnement, association de malfaiteurs et complicité.

Face aux accusations, les trois prévenus ont adopté une même ligne de défense : ils contestent catégoriquement les faits qui leur sont reprochés et ont plaidé non coupable.

Au-delà des responsabilités individuelles que la justice devra établir, cette affaire relance un débat brûlant : celui de la gouvernance d’un secteur où certains cadres sont accusés par leurs détracteurs de privilégier leurs intérêts personnels au détriment de la mission régalienne de protection des ressources nationales.

Dans les couloirs du secteur minier, certaines critiques dénoncent le comportement de cadres qui, selon elles, utiliseraient leur position administrative pour défendre des intérêts privés plutôt que la stratégie de l’État.

Des pratiques qui alimentent les soupçons autour de plusieurs dossiers sensibles, notamment celui impliquant l’homme d’affaires russe Alexandre Zotov et Ahmed Kanté, ancien directeur général de la SOGUIPAMI.

Ce dossier, qui a déjà suscité de nombreuses controverses, est cité par certains observateurs comme un symbole des tensions entre intérêts privés, responsabilités publiques et gestion des ressources minières nationales.

À l’ouverture du procès, les avocats de la défense ont sollicité un renvoi, expliquant avoir été récemment constitués et nécessiter davantage de temps pour étudier les pièces du dossier et préparer leurs arguments.

Une demande à laquelle le parquet spécial, représenté par Alphonse Charles Wright, s’est opposé.

Le procureur spécial a estimé que les conditions de comparution étaient réunies, les prévenus ayant répondu à la convocation de la Cour. Il a notamment déclaré que « les vacances judiciaires ne concernent pas les délinquants », avant de s’en remettre à la décision des juges. Après examen des différentes observations, la chambre de jugement a finalement décidé de renvoyer l’affaire au 5 octobre 2026.

Cette procédure judiciaire intervient à un moment où la Guinée cherche à renforcer la transparence dans la gestion de ses ressources minières et à rassurer les investisseurs. L’enjeu dépasse donc le simple sort des personnes poursuivies. Il touche directement à la crédibilité de l’administration minière et à la capacité de l’État à protéger son patrimoine naturel.

La question centrale reste posée : Dans un pays riche en ressources minières, les décisions sont-elles toujours guidées par l’intérêt supérieur de la Nation ou certains responsables cherchent-ils à transformer leur position publique en opportunité personnelle ?

Le procès du 5 octobre sera donc bien plus qu’une audience judiciaire : il pourrait être un révélateur des pratiques qui entourent la gestion du secteur minier guinéen.

 

 

Par nimba224.com

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