Les autorités guinéennes passent à l’offensive contre la mécanisation anarchique de l’orpaillage. Dans un communiqué conjoint publié ce vendredi 13 mars, les ministères de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, des Mines et de l’Environnement ont annoncé l’interdiction formelle de l’utilisation d’engins lourds sur l’ensemble des sites d’exploitation minière artisanale du pays.
Cette décision marque un tournant dans la régulation du secteur aurifère artisanal en Guinea, où la prolifération d’équipements mécaniques a profondément transformé l’activité ces dernières années.
Dans le détail, les autorités interdisent désormais l’usage de plusieurs types d’engins dans les zones d’orpaillage artisanal, notamment :
– les pelleteuses de type Poclain ;
– les bulldozers ;
– les tractopelles ;
– ainsi que tout autre engin mécanique assimilé.
À travers cette mesure, le gouvernement entend mettre fin à une pratique jugée particulièrement destructrice pour l’environnement et les communautés locales. Selon les autorités, l’introduction de ces machines dans l’exploitation artisanale a accéléré la dégradation des sols, provoqué une pollution alarmante des cours d’eau et entraîné une destruction massive de la biodiversité dans plusieurs zones minières.
Au-delà des enjeux écologiques, les autorités évoquent également des préoccupations sécuritaires. L’utilisation d’engins lourds dans des sites souvent instables et non aménagés augmente considérablement les risques d’éboulements et d’accidents mortels, mettant en danger la vie de nombreux orpailleurs.
Cette interdiction s’inscrit dans une stratégie plus large de restructuration et de formalisation du secteur minier artisanal. À travers cette mesure, l’État vise notamment à freiner l’exploitation illégale de l’or à grande échelle dissimulée sous le couvert de l’orpaillage traditionnel, tout en imposant le respect des normes environnementales et en protégeant les populations riveraines.
Reste désormais la question de l’application effective de cette décision sur le terrain. Dans plusieurs zones aurifères de Haute-Guinée, où l’usage d’engins mécaniques s’est largement imposé ces dernières années, le défi du contrôle et du respect de cette nouvelle réglementation s’annonce particulièrement délicat.
Par A.CAMARA






