Conakry — Nouvelle alerte sur l’état de la liberté de la presse en Guinée. Le journaliste Yamoussa Cheick Camara a été interpellé de manière brutale à l’aube, ce mardi, avant d’être relâché après plus de quatre heures de détention, sur fond d’accusations non étayées.
Les faits se sont produits vers 5 heures du matin, au quartier Cosa. Selon son témoignage, le reporter de CAVI Médias observait depuis son domicile une opération de perquisition liée à un litige foncier lorsqu’il a été pris à partie par des agents de la gendarmerie ECO 18. Sans ménagement, il est embarqué de force, malgré la présentation de sa carte professionnelle.
« Mon statut de journaliste n’a rien changé. On m’a clairement fait comprendre que cela n’avait aucune importance », déclare-t-il, encore marqué par l’incident.
Son téléphone lui est immédiatement retiré alors qu’il tente d’alerter sa rédaction, notamment Abdallah Camara, Directeur de l’information. Un geste perçu comme une volonté de couper toute communication et d’isoler le professionnel des médias.
Conduit d’abord au poste de Cosa, puis transféré à l’escadron mobile n°4 de Matoto, il est finalement entendu sous l’autorité du colonel Sayo. En cause : une suspicion de captation d’images lors d’une opération de déguerpissement visant une famille voisine. Une accusation que le journaliste rejette catégoriquement. « Je n’ai rien filmé, ni photographié », martèle-t-il.
Sa libération n’interviendra qu’après l’intervention de sa hiérarchie, notamment Aboubacar Kamara, Directeur général de CAVI Médias et président de l’URTELGUI.
Mais au-delà de l’issue, l’affaire fait grand bruit. Dans les rédactions comme sur les réseaux sociaux, l’indignation est palpable. Pour de nombreux observateurs, cet épisode illustre une dérive inquiétante dans le traitement des journalistes.
« Dès que je me suis identifié comme journaliste, j’ai senti que cela me rendait suspect », confie la victime, pointant un climat de défiance croissante envers la presse.
Cet incident relance avec acuité le débat sur la protection des journalistes et le respect des libertés fondamentales. En 2026, en Guinée, le simple fait d’observer une opération publique depuis son domicile ne devrait jamais conduire à une arrestation. Pour la profession, la ligne rouge semble, une fois de plus, dangereusement franchie.
Par nimba224.com






