Conakry — La situation a brusquement dégénéré entre migrants guinéens rapatriés du Maroc et autorités, révélant un malaise profond autour de leur prise en charge. Au centre de transit installé à l’hôpital Jean Paul II de Taouyah, la tension est montée d’un cran, avant de se transporter dans la rue.
Selon plusieurs témoignages, des dizaines de migrants ont tenté de rallier Kaloum pour rencontrer le président de la transition, Mamadi Doumbouya, après avoir refusé une aide financière jugée insuffisante. En cause : une enveloppe de 200 000 francs guinéens proposée par le ministère des Affaires étrangères, rejetée en bloc par les bénéficiaires.
Interceptés à hauteur de Dixinn, les migrants ont été dispersés par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogène. « Nous avons été gazés alors que nous voulions simplement faire entendre nos préoccupations. Quatre de nos amis se sont évanouis », témoigne l’un d’eux, dénonçant une intervention jugée disproportionnée.
À l’origine de la colère : des conditions d’accueil vivement contestées. Plusieurs migrants affirment ne recevoir qu’un seul repas par jour, parfois deux, depuis leur arrivée. Une prise en charge qu’ils jugent indigne au regard de leur état de vulnérabilité après leur rapatriement.
« Depuis notre arrivée, nous vivons dans des conditions difficiles. On nous donne du pain, rarement des repas complets, et ensuite une enveloppe dérisoire. Nous ne pouvons pas accepter cela », déplore un autre rapatrié.
D’après nos informations, le premier groupe, composé de plus d’une centaine de personnes, a été pris en charge depuis plusieurs jours sans amélioration notable de ses conditions de vie. Face à cette situation, certains migrants menacent désormais d’organiser une manifestation devant la Présidence pour interpeller directement le chef de l’État.
Pour l’heure, le bilan exact des personnes incommodées par les gaz lacrymogènes reste inconnu, mais plusieurs témoins évoquent des cas d’évanouissement. Dans un climat de tension persistante, cette crise met en lumière les défis liés à la gestion des retours de migrants et relance le débat sur les mécanismes d’assistance et de réintégration en Guinée.
Par M.DIALLO






