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Tragédie de Dar-es-Salam : Doumbouya prend les choses en main, annonce la fin de la décharge et dévoile un projet majeur

CONAKRY – Dar-es-Salam n’est plus seulement une décharge. C’est désormais le lieu d’un traumatisme national. Dans la nuit du samedi au dimanche, le glissement de terrain survenu sur le site de la Minière a transformé un espace déjà considéré comme dangereux en théâtre d’une tragédie meurtrière.

Quelques heures après le drame, l’État a voulu montrer qu’il prenait la mesure de la catastrophe.

Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a interrompu sa tournée dans les garnisons militaires de Conakry pour se rendre au cœur de la zone sinistrée. Après le camp Alpha Yaya et le Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA), le chef de l’État a pris la direction de Dar-es-Salam.

Sur place, il ne s’est pas contenté d’un déplacement symbolique. Il a inspecté le dispositif de secours, suivi l’évolution des opérations de recherche et vérifié l’exécution des mesures d’urgence ordonnées par les autorités.

Le message présidentiel est clair : à Dar-es-Salam, l’État veut reprendre la main.

Face aux populations frappées par le drame, l’heure est d’abord au recueillement et à la solidarité. Mais derrière l’émotion, une autre bataille commence : celle de l’avenir du site.

À l’issue de la visite présidentielle, le ministre secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, a réaffirmé la détermination des autorités à sécuriser définitivement les lieux.

Pour lui, la présence du chef de l’État traduit une ligne de conduite constante : être au contact des populations et s’assurer que les décisions prises au sommet de l’État produisent des effets concrets sur le terrain.

« Son Excellence le président Mamadi Doumbouya, Président de la République, chef de l’État, est l’homme de la constance. C’est son seul credo, c’est le bien-être de sa population et l’amélioration des conditions de vie », a-t-il déclaré.

Mais à Dar-es-Salam, la constance devra désormais se mesurer aux actes.

Le drame ravive surtout une question lancinante : comment un site présenté depuis des années comme dangereux a-t-il continué à être occupé ?

Sur ce point, la Présidence rappelle que les autorités n’auraient pas attendu la catastrophe pour intervenir.

Selon le général Amara Camara, plusieurs opérations de déguerpissement avaient déjà été conduites. Des indemnisations auraient également été accordées à certains occupants.

« C’est assez dramatique ce qui est arrivé, c’est des pertes en vies humaines que nous regrettons tous », a-t-il reconnu, avant de rappeler que « des déguerpissements ont été faits plusieurs fois » et que « des indemnisations ont été données plusieurs fois aux occupants ».

Puis vient le constat, lourd de conséquences : « Malheureusement, les occupations illégales ont continué. »

Dar-es-Salam pose ainsi brutalement la question de l’efficacité des précédentes mesures de déguerpissement et de la capacité de l’État à empêcher durablement la réoccupation des zones à risque.

C’est peut-être l’annonce la plus forte de cette visite. Après la catastrophe, le gouvernement ne veut pas seulement nettoyer le site. Il veut le faire disparaître.

La montagne d’ordures doit céder la place à un espace urbain. Le projet porté par le chef de l’État prévoit la disparition de la décharge et la transformation du site en parc urbain, destiné à participer à l’embellissement de Conakry.

« Il est prévu de faire disparaître […] tout ce qu’il y a ici comme ordures, et il doit être transformé en parc urbain pour contribuer à l’embellissement de notre belle capitale », a annoncé le général Amara Camara.

Et pour couper court aux interrogations sur l’avenir du projet, il insiste : « Ces travaux-là ne vont pas s’interrompre. »

Une phrase qui sonne comme un engagement politique autant qu’une promesse faite aux populations. Transformer Dar-es-Salam ne sera toutefois pas une opération ordinaire.

Il faudra sécuriser durablement le périmètre, empêcher les nouvelles occupations, traiter les déchets accumulés et surtout restaurer la confiance des riverains. Car le défi est désormais double.

Réparer d’abord. Transformer ensuite.

Dans l’immédiat, les secours doivent poursuivre les opérations de recherche et de sécurisation. Les familles endeuillées attendent, elles, des réponses concrètes sur la prise en charge des victimes et l’organisation des obsèques.

Sur ces questions, le général Amara Camara a annoncé des communications officielles imminentes.

Au nom du chef de l’État, il a présenté les condoléances les plus attristées au peuple de Guinée et prié pour le repos des victimes.

La tragédie pourrait donc devenir un point de bascule. Pendant des années, Dar-es-Salam aura incarné les limites d’une urbanisation confrontée à la pression démographique, aux occupations irrégulières et à la gestion des déchets.

Désormais, les autorités veulent en faire tout le contraire.

Là où s’élevaient les déchets, elles promettent un parc.
Là où régnait le danger, elles annoncent la sécurité.
Là où Conakry a connu le deuil, elles veulent faire naître un nouvel espace urbain.

Mais entre une promesse et sa réalisation, il reste le plus difficile : agir.

Car après le drame de Dar-es-Salam, la véritable question n’est plus de savoir si la décharge doit disparaître. Elle est de savoir si l’État réussira, cette fois, à faire définitivement disparaître le danger avec elle.

Dar-es-Salam pourrait ainsi devenir bien plus qu’un lieu de catastrophe : le point de départ d’une transformation radicale de Conakry.

 

Par A.CAMARA

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