La tension ne retombe pas au Conseil national de la transition (CNT). Bien au contraire. Ce mercredi 22 avril 2026, les travailleurs de l’administration parlementaire, réunis sous la bannière de leur syndicat, ont investi les abords de l’institution pour un sit-in déterminé, signe d’un malaise profond et persistant.
Banderoles déployées, visages fermés, le message est sans ambiguïté : l’adoption du statut particulier, pourtant arrachée tard dans la nuit du mardi, ne suffit pas à éteindre la colère.
« C’est une avancée, oui. Mais ce n’est pas la finalité », recadre d’emblée Ismaël Gassim Kalissa, l’un des porte-voix du mouvement.
Dans le viseur des manifestants : l’absence des arrêtés d’application, pièces maîtresses sans lesquelles le statut reste, selon eux, une coquille vide. Derrière cette revendication, des frustrations accumulées depuis près de 30 ans : carrières bloquées, ancienneté peu valorisée, couverture sanitaire jugée défaillante.
« Sans ces textes, rien n’est concret. Ce sont eux qui définissent nos droits réels », martèle Kalissa.
Autre dossier explosif : un mémorandum en souffrance depuis plusieurs années. Sa signature, pourtant jugée cruciale, a été une nouvelle fois reportée. En cause, l’absence de mandat des représentants présents lors des discussions.
Mais c’est surtout la question des cotisations sociales qui met le feu aux poudres. Le syndicat accuse l’institution d’accumuler des arriérés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) depuis mars 2021.
« Trois ans de retard. C’est inacceptable », dénoncent les travailleurs, qui exigent une régularisation immédiate.
Face à cette montée de pression, les autorités ont opté pour une riposte discrète mais controversée : l’envoi du personnel en congé parlementaire. Une décision perçue par les syndicats comme une tentative à peine voilée de casser la mobilisation.
Raté.
« Malgré tout, la mobilisation est restée forte. Cela prouve que les travailleurs sont déterminés », réplique Kalissa, qui appelle à maintenir la pression.
Le bras de fer est désormais engagé. Et à en juger par la détermination affichée ce mercredi, les travailleurs parlementaires ne semblent pas prêts à reculer tant que leurs revendications ne seront pas traduites en actes concrets.
M. DIALLO






