Abidjan – Derrière les cérémonies marquant le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, un message politique fort s’est dessiné : la Guinée entend faire de sa transformation économique un nouvel instrument de diplomatie régionale.
En mission officielle pour représenter le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, le Premier ministre Amadou Oury Bah a été reçu, ce jeudi 6 août 2026, à la Primature ivoirienne par son homologue Robert Beugré Mambé. Si la rencontre s’inscrivait dans le cadre des festivités du 7 août, les échanges ont rapidement dépassé le protocole pour se concentrer sur les grands enjeux économiques et stratégiques communs.
Au cœur des discussions figure Simandou 2040, le programme de transformation économique lancé par les autorités guinéennes. Le Premier ministre ivoirien n’a pas caché son intérêt pour cette vision, saluant les réformes engagées en Guinée et considérant ce programme comme un moteur de développement capable de redessiner les équilibres économiques de la sous-région.
Cette reconnaissance, exprimée par l’un des principaux partenaires économiques de l’Afrique de l’Ouest, traduit l’intérêt croissant que suscite la stratégie guinéenne au-delà de ses frontières.
Au nom du chef de l’État, Amadou Oury Bah a réaffirmé l’attachement de la Guinée à l’excellence de ses relations avec la Côte d’Ivoire.
« Le Président de la République aurait souhaité répondre personnellement à l’invitation de son frère, le Président Alassane Ouattara. Empêché, il m’a chargé de le représenter à la tête d’une délégation gouvernementale et d’un détachement militaire qui défilera demain afin de témoigner davantage des liens naturels de fraternité entre la Côte d’Ivoire et la Guinée », a déclaré le chef du gouvernement guinéen.
Pour Robert Beugré Mambé, cette proximité historique doit désormais produire davantage de résultats économiques.
« La Guinée et la Côte d’Ivoire disposent d’immenses potentialités. Notre ambition est de faire progresser nos deux pays ensemble afin d’offrir à nos populations de meilleures conditions de vie », a-t-il affirmé.
Au-delà des déclarations d’intention, les deux délégations ont identifié plusieurs secteurs prioritaires de coopération : les infrastructures, les corridors de transport, la formation, l’éducation, le partage d’expertise administrative et la conduite de grands projets structurants.
La rencontre s’est tenue en présence du ministre guinéen du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, du ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, ainsi que des ambassadeurs des deux pays.
Dans un contexte où les États ouest-africains cherchent à renforcer leur résilience économique et leur intégration régionale, le rapprochement entre Conakry et Abidjan pourrait prendre une dimension stratégique. Pour la Guinée, l’ambition est claire : faire de Simandou 2040 bien plus qu’un projet minier, mais le socle d’une nouvelle diplomatie économique capable d’attirer des partenaires, de stimuler les investissements et de créer des synergies régionales.
Reste désormais à transformer cette convergence politique en réalisations concrètes. Car si les discours consacrent une volonté commune, ce sont les accords, les investissements et les projets exécutés qui mesureront, à terme, la portée réelle de ce nouvel élan entre la Guinée et la Côte d’Ivoire.
Par nimba224.com






