CONAKRY – Des routes qui s’effondrent, des accidents qui se multiplient et des poids lourds régulièrement pointés du doigt. Face à une situation devenue préoccupante, le gouvernement hausse le ton. Réunis autour du ministre des Infrastructures, les acteurs du transport routier ont été appelés à rompre avec les pratiques qui accélèrent la destruction du réseau routier national. Contrôles renforcés, dispositifs de pesage et responsabilisation des transporteurs : l’État promet de passer de la sensibilisation à l’action.
C’est dans ce contexte que le ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, a convoqué, ce jeudi 6 août 2026, une réunion de concertation avec les syndicats des transporteurs routiers et les principaux acteurs du secteur.
Dès l’ouverture des échanges, le ministre a dressé un diagnostic sans détour. Il s’est dit profondément préoccupé par la multiplication des accidents sur les grands axes routiers, notamment sur la Route Nationale n°1, en particulier le tronçon Coyah–Kindia–Mamou, régulièrement endeuillé par des collisions impliquant des poids lourds.
Autre sujet d’alerte : la Route Nationale n°3, notamment l’axe Soumba–Tanènè, dont l’état de dégradation s’est fortement aggravé.
Selon le ministre, cette situation est en grande partie liée à la circulation de camions transportant des charges supérieures aux limites réglementaires, notamment ceux affectés au transport de matériaux issus des exploitations minières.
« Malgré les investissements importants consentis par le Gouvernement pour construire, entretenir et réhabiliter les routes, les phénomènes de surcharge compromettent sérieusement la durabilité de ces infrastructures », a rappelé Facinet Sylla devant les représentants des transporteurs.
Pour inverser cette tendance, le ministère entend désormais agir en amont.
Le ministre a annoncé la mise à la disposition des syndicats de dispositifs de pesage, qui seront installés dans les gares routières ainsi qu’à la sortie des carrières de sable et de granite. L’objectif affiché est d’empêcher les camions en surcharge d’accéder au réseau routier national.
Les responsables des syndicats ont salué cette initiative et assuré les autorités de leur engagement à accompagner cette nouvelle stratégie.
Prenant la parole au nom des transporteurs, leur porte-parole a reconnu que les surcharges ne pénalisent pas uniquement l’État. Selon lui, elles entraînent également une usure prématurée des véhicules, une augmentation des coûts d’exploitation et une baisse de la rentabilité pour les professionnels du secteur.
À l’issue de la rencontre, les deux parties ont convenu de renforcer leur collaboration afin d’améliorer les mécanismes de contrôle, de promouvoir le respect des normes de chargement et de préserver durablement le patrimoine routier national.
Mais au-delà des annonces, le véritable défi reste celui de leur application. Car les dispositifs de pesage, à eux seuls, ne suffiront pas si les contrôles ne sont pas systématiques, si les sanctions ne sont pas effectivement appliquées et si les réseaux de surcharge continuent d’échapper à toute répression.
Pour de nombreux observateurs, la sécurité routière en Guinée ne dépend plus seulement de la qualité des routes. Elle repose désormais sur la capacité des autorités à faire respecter la réglementation, à responsabiliser tous les acteurs de la chaîne du transport et à mettre fin à l’impunité qui alimente, depuis des années, la dégradation des infrastructures et les drames humains sur les routes du pays.
Par nimba224.com






