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RGE 2026 : Plus de 1 000 agents vont sillonner le pays pour dresser la première cartographie nationale du secteur productif

CONAKRY – Qui produit en Guinée ? Qui investit ? Qui emploie ? Où sont implantées les entreprises et quel est réellement leur poids dans l’économie nationale ? Pour tenter de répondre à ces questions, l’État guinéen lance une vaste opération statistique à l’échelle du pays.

Le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a officiellement donné le coup d’envoi, ce jeudi 17 septembre 2026, du premier Recensement général des entreprises (RGE) en Guinée.

Financée par la Banque mondiale, cette opération pilotée par le ministère du Plan, à travers l’Institut national de la statistique (INS), entend établir pour la première fois une photographie beaucoup plus précise du tissu économique national. Le RGE ne se limitera pas à compter les entreprises.

Les agents devront identifier et géolocaliser les unités économiques, documenter leurs branches d’activité, leur taille, leur niveau d’investissement ainsi que les emplois générés.

Entreprises formelles et informelles seront concernées. Une dimension particulièrement importante dans un pays où une partie substantielle de l’activité économique échappe encore aux statistiques administratives classiques.

À terme, l’ambition est de constituer un répertoire national des entreprises, susceptible de devenir une référence pour les administrations, les investisseurs et les acteurs économiques.

Pour le directeur général de l’Institut national de la statistique, Dr Makan Doumbouya, le RGE vient compléter le quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4).

L’objectif est de produire des données statistiques suffisamment robustes pour éclairer les politiques publiques, depuis leur conception jusqu’à leur évaluation. Le recensement doit également permettre de mieux cerner les capacités productives du pays et d’identifier ses différentes potentialités économiques.

En clair : il s’agit de passer d’une connaissance fragmentaire du secteur économique à une photographie nationale beaucoup plus structurée.

La phase de collecte démarrera le 21 septembre 2026 et se poursuivra jusqu’au 30 novembre. Plus de 1 000 agents recenseurs seront déployés sur l’ensemble du territoire national pour aller à la rencontre des entreprises et recueillir les informations nécessaires.

Le défi est considérable : couvrir le territoire, identifier les acteurs économiques, y compris ceux évoluant dans l’informel, et surtout garantir la fiabilité des données collectées.

À l’occasion du lancement, le ministre Ismaël Nabé a appelé les autorités administratives, les responsables locaux, les entrepreneurs et les chefs d’entreprise à faciliter le travail des équipes de terrain. Conscient que la collecte d’informations sur les entreprises peut susciter des interrogations, le ministre du Plan a tenu à clarifier la finalité de l’opération.

Selon Ismaël Nabé, le RGE n’est pas une opération destinée à sanctionner les entreprises. Il doit plutôt permettre à l’État de mieux connaître le secteur productif afin d’adapter son accompagnement.

Les données recueillies devraient notamment contribuer à identifier les secteurs à fort potentiel, orienter les investissements, améliorer l’accompagnement des PME et mieux cibler les financements.

L’enjeu est donc de taille : mieux connaître l’économie pour mieux décider.

Le président de la Chambre d’industrie et de commerce, Mamadou Baldé, a, pour sa part, réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner le processus.

Il a exhorté les entreprises à participer pleinement à l’opération et à saisir cette occasion pour faire connaître leur activité et mieux valoriser leur contribution à l’économie nationale. Après les travaux préparatoires, le RGE entre désormais dans sa phase décisive : la collecte des données sur le terrain.

Suivront le traitement, la validation et la publication des résultats.

Derrière cette vaste campagne statistique se joue une question essentielle : combien d’entreprises existent réellement en Guinée, où sont-elles, que produisent-elles et combien d’emplois créent-elles ?

Les réponses devraient permettre de disposer d’un nouvel outil d’aide à la décision et de mieux orienter les politiques économiques et les investissements.

Du 21 septembre au 30 novembre, la Guinée sera donc passée au crible économique. Le véritable défi sera ensuite de transformer les chiffres recueillis en politiques publiques concrètes.

 

 

Par Pierre KOÏVOGUI

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