mercredi, avril 29, 2026
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Konta : une usine, un tournant — la Guinée enclenche sa révolution énergétique

La scène est hautement symbolique. À Konta, dans la préfecture de Forécariah, la Guinée vient d’actionner un levier stratégique de son développement. Ce samedi 25 avril 2026, le Premier ministre Bah Oury a inauguré une usine de fabrication et de requalification de bouteilles de gaz, marquant une étape décisive dans l’industrialisation du pays et la transformation de son modèle énergétique.

Sortie de terre en seulement deux ans, cette infrastructure industrielle, portée par FAPGAZ S.A sur fonds propres, affiche une capacité de production d’un million de bouteilles par an. Un chiffre qui traduit une ambition claire : réduire la dépendance aux importations, structurer la filière gaz et, surtout, tourner progressivement la page du charbon de bois dans les ménages guinéens.

Avant même sa mise en service officielle, l’usine suscite déjà l’intérêt du marché. Sept entreprises, dont une basée en Sierra Leone, ont passé commande. Un signal fort qui confirme le potentiel de cette unité à répondre à la demande nationale et à s’ouvrir à la sous-région.

Pour le Directeur général de FAPGAZ, Kaman Sadji Diallo, il ne s’agit pas d’une simple usine, mais d’un outil stratégique : « Portée par la vision du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, cette usine incarne le retour affirmé de l’État dans l’industrialisation et se distingue comme la plus grande unité du genre dans la sous-région ». Entièrement financée et réalisée sous impulsion étatique, elle marque également la première grande infrastructure industrielle publique depuis la fin de la Première République.

Au-delà de sa dimension industrielle, le projet répond à des enjeux majeurs : sécurisation de l’approvisionnement en gaz, réduction de la dépendance aux importations, promotion du butane comme énergie domestique, lutte contre la déforestation et création d’emplois. Il positionne ainsi la Guinée sur la voie d’une autonomie énergétique durable.

Le Directeur général a exprimé sa reconnaissance aux autorités, notamment au Président de la République et au Premier ministre, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques et institutionnels ayant contribué à la réalisation de ce projet.

Enfin,  Kaman Sadji Diallo a souligné la progression significative de la consommation nationale de gaz, passée de 1 900 tonnes en 2021 à près de 9 000 tonnes en 2025, avec une projection de 25 000 tonnes à court terme. « Une dynamique qui traduit les ambitions du pays de devenir un acteur majeur du secteur gazier en Afrique de l’Ouest, avec une politique d’expansion des infrastructures sur l’ensemble du territoire national ».

Derrière cette réalisation, plusieurs objectifs s’entrecroisent : sécuriser l’approvisionnement en bouteilles de gaz, promouvoir le gaz butane comme énergie domestique et réduire significativement la pression sur les ressources forestières.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La consommation nationale de gaz, estimée à 1 900 tonnes en 2021, a déjà bondi à près de 9 000 tonnes en 2025. Avec l’entrée en production de l’usine de Konta, elle pourrait atteindre 25 000 tonnes dès 2026. Une progression rapide, mais encore loin des standards sous-régionaux.

Au-delà des indicateurs économiques, c’est une véritable mutation sociale qui se profile. Le gouvernement mise sur le gaz pour alléger le quotidien des ménages, notamment celui des femmes, premières victimes de l’usage du bois de chauffe.

Le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a livré un plaidoyer appuyé en faveur de cette transition énergétique. Pour lui, chaque bouteille de gaz distribuée représente « du temps libéré, une santé préservée et une dignité restaurée » pour des milliers de femmes contraintes à des tâches pénibles et chronophages.

Présent à la cérémonie, le Premier ministre Bah Oury a inscrit ce projet dans une vision plus globale : celle du programme Simandou 2040. Un cadre stratégique qui vise à faire de la Guinée un acteur économique majeur, à travers l’industrialisation, la valorisation des ressources locales et la création d’emplois durables.

« L’usine de Konta n’est pas un projet isolé. Elle participe à une transformation profonde de notre économie, de notre gouvernance et de notre rapport à nos ressources », a-t-il affirmé. Selon lui, l’accès accru au gaz permettra non seulement de réduire les dépenses énergétiques des ménages, mais aussi de freiner la déforestation.

Construite sur une superficie de deux hectares pour un coût global de plus de 10 millions de dollars, l’usine n’est qu’un maillon d’un dispositif appelé à s’étendre. FAPGAZ prévoit la mise en place progressive de centres emplisseurs sur l’ensemble du territoire, afin de démocratiser l’accès au gaz, y compris dans les zones les plus reculées.

Dans cette dynamique, 25 isotanks de 25 tonnes sont attendus dès le 5 mai au port de Kamsar, accompagnés d’un stockage tampon de 480 tonnes en cours de déploiement.

Les retombées écologiques sont également au cœur du projet. À terme, l’usine devrait permettre d’éviter l’émission de 45 000 tonnes de CO₂ par an, de préserver près de 8 000 hectares de forêt et de convertir jusqu’à 120 000 ménages au gaz chaque année.

À travers cette inauguration, les autorités guinéennes envoient un message clair : celui d’un pays décidé à industrialiser son économie, à renforcer sa souveraineté et à améliorer concrètement les conditions de vie de sa population.

À Konta, ce ne sont pas seulement des bouteilles de gaz qui sortiront des chaînes de production. C’est une nouvelle trajectoire qui se dessine pour la Guinée.

 

 

Par nimba224.com

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