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Fria paralysée : colère sociale explosive contre RUSAL – Barricades, colère ouvrière et mobilisation populaire

Ce lundi 28 juillet 2025, la cité industrielle de Fria s’est réveillée sous haute tension. Travailleurs de RUSAL, femmes et jeunes ont paralysé la ville pour dénoncer la précarité salariale et le non-respect des engagements contractuels. Face à cette grogne sociale, les autorités tentent de désamorcer la crise.

La ville de Fria est plongée dans une paralysie totale ce lundi 28 juillet 2025, suite à une manifestation massive menée par les ouvriers de l’usine RUSAL, soutenus par des femmes et des jeunes des quartiers environnants. Dès l’aube, des barricades ont été érigées sur les principaux axes routiers, bloquant la circulation dans toute la cité.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, cette mobilisation est née d’un profond mécontentement face à la détérioration des conditions de travail depuis la reprise des activités industrielles. Au cœur de la contestation : le non-respect des clauses contractuelles, la sous-traitance jugée abusive via l’entreprise CEINTA, et des salaires qualifiés de misérables.

« RUSAL refuse d’appliquer les termes du contrat signé après la réhabilitation de l’usine. CEINTA, une entreprise sous-traitante, paie certains ouvriers à peine 400 000 GNF par mois. Nous réclamons la dignité, la fin des abus, et le respect des droits des travailleurs », dénonce un employé joint par téléphone.

La mobilisation a rapidement gagné en ampleur, portée par les femmes et les jeunes, excédés par la précarité que vivent leurs proches.

« Les axes sont tous bloqués jusqu’à la gare routière. Les femmes des ouvriers et les jeunes sont en tête du mouvement. Nos maris ne peuvent plus subvenir aux besoins du foyer. Nous avons installé des foyers sur place et préparons du laafidy. Cette situation est intenable », explique une citoyenne mobilisée.

Dans un communiqué transmis la veille à nimba224.com, la Direction générale de RUSAL-Friguia a défendu son action sociale, rappelant avoir investi dans l’amélioration des conditions salariales et sociales de ses employés.

« Depuis 2012, un montant de 21,65 milliards GNF a été versé aux veuves et retraités. En 2024, une revalorisation salariale a touché 905 employés, soit 63 % de l’effectif. L’indexation a atteint 30 % pour certains, pour un coût global estimé à 36 milliards GNF », précise le document.

Cependant, ces données sont loin de calmer la grogne sur le terrain. Les manifestants exigent des actes concrets, pas des chiffres.

« Tant que la direction ne répond pas concrètement à nos doléances, nous resterons dans la rue », préviennent plusieurs ouvriers.

D’après nos sources, une délégation gouvernementale aurait quitté Conakry en urgence pour Fria, afin de tenter de calmer la situation et d’ouvrir un dialogue entre les parties.

Cette crise sociale met en lumière les tensions croissantes autour de la gestion de la main-d’œuvre dans les zones industrielles du pays. Elle pose aussi la question du rôle des sous-traitants dans la violation présumée des droits sociaux et de la responsabilité des multinationales dans le respect des conventions.

 

Par Hawa CAMARA

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