CONAKRY- Le Gouvernement guinéen veut changer de braquet dans l’élevage. Après une première opération consacrée à l’approvisionnement du marché pour la Tabaski, le ministère de l’Élevage prépare déjà la suite avec une ambition autrement plus stratégique : moderniser le cheptel, améliorer sa productivité et réduire durablement les faiblesses de la filière.
Le ministre Alpha Bacar Barry a engagé, ce jeudi, des discussions avec le président de la Chambre Nationale d’Agriculture de Guinée, Souleymane Bérété, et son équipe, en présence du président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali, Sanoussi Bouya Sylla.
Deux dossiers majeurs étaient sur la table : la préparation de la prochaine Tabaski et l’introduction de 2 500 bovins de races brésiliennes en Guinée. Pour la prochaine fête de Tabaski, le ministère veut désormais jouer la carte de l’anticipation.
L’expérience de la première opération doit servir de leçon. Identification des éleveurs, évaluation précise de la demande, suivi des animaux, organisation de l’approvisionnement et collecte de données fiables sur le marché : le département veut mieux maîtriser toute la chaîne avant que la pression de la demande ne s’installe.
L’objectif est clair : disposer d’une offre suffisamment structurée pour répondre aux besoins du marché et mieux encadrer les acteurs de la filière.
Mais le véritable enjeu se joue sur le terrain de l’amélioration génétique.
Le projet d’introduire 2 500 bovins de races brésiliennes doit servir de catalyseur à la transformation du cheptel guinéen. À travers ce programme, le Gouvernement mise sur l’amélioration des performances des animaux afin d’augmenter la production de viande et de lait et d’accroître la productivité des exploitations.
L’ambition est de passer d’un élevage encore largement traditionnel à une filière plus productive, mieux organisée et davantage créatrice de valeur. Cette opération pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’emplois et d’investissements dans les différentes chaînes de valeur de l’élevage.
Alpha Bacar Barry entend toutefois éviter une modernisation limitée aux seuls investissements publics.
Pour le ministre, la transformation du secteur passe nécessairement par l’implication de l’ensemble des acteurs : État, chambres d’agriculture, organisations professionnelles, éleveurs, producteurs, investisseurs et autres intervenants des chaînes de valeur.
Une attention particulière devra être accordée aux petits et moyens producteurs, avec un renforcement de l’accès au financement, aux infrastructures et aux services nécessaires à la professionnalisation de leurs activités.
L’identification des éleveurs et la sécurisation des investissements figurent également parmi les priorités affichées par le département.
La Chambre Nationale d’Agriculture de Guinée a, pour sa part, réaffirmé sa volonté d’accompagner le ministère dans la concrétisation de ces initiatives et de renforcer son rôle d’interface avec le monde rural.
Derrière la préparation de la prochaine Tabaski se dessine donc un chantier beaucoup plus vaste : réorganiser la filière, améliorer la qualité génétique du cheptel et faire de l’élevage un secteur capable de répondre davantage aux besoins alimentaires du pays.
Avec les 2 500 bovins annoncés, le Gouvernement veut ainsi transformer le cheptel guinéen en levier de production, d’emplois et de souveraineté alimentaire. Le défi sera désormais de transformer cette ambition en résultats concrets sur le terrain.
Par nimba224.com






