Le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) serre la vis. À la veille de la publication des résultats du baccalauréat unique, session 2026, les autorités dévoilent un bilan sans précédent de leur offensive contre la fraude : centaines de téléphones saisis, exclusions en cascade, responsables révoqués et dizaines de personnes déjà entre les mains de la justice.
Le ton est donné. Cette année, les examens nationaux se sont déroulés sous le signe de la tolérance zéro. Détecteurs de métaux, contrôle renforcé des centres, démantèlement de réseaux de triche opérant sur internet et poursuites judiciaires : le MEPU-A revendique une stratégie musclée destinée à restaurer la crédibilité du système d’évaluation.
Le bilan communiqué ce samedi sur les antennes de la télévision nationale illustre l’ampleur de cette opération. 147 candidats, 161 surveillants, 5 chefs de centre et 12 délégués ont été définitivement exclus pour fraude, complicité, laxisme ou violations graves de la réglementation des examens nationaux.
« 147 candidats, 161 surveillants, 5 chefs de centre et 12 délégués ont été éliminés pour légèreté, laxisme, fraude, complicité ou manquement grave à la réglementation des examens nationaux. Au BEPC et au baccalauréat, nous avons saisi 750 téléphones. Douze délégués et cinq chefs de centre ont été renvoyés », a déclaré Mohamed Ansa Diawara, porte-parole du département.
Mais la riposte ne s’arrête pas aux sanctions administratives. Le ministère annonce que 80 personnes ont déjà été déférées devant les juridictions compétentes. Parmi elles figurent des candidats, des enseignants ainsi que des complices extérieurs soupçonnés d’avoir alimenté des réseaux organisés de fraude.
Le département affirme également avoir saisi le procureur de la République pour dénonciation calomnieuse contre certains de ses hauts responsables, en réaction à des accusations jugées infondées relayées dans certains médias.
« Contrairement aux allégations mensongères propagées par des personnes mal intentionnées, toutes les primes ont été payées, à l’exception de celle relative à la surveillance du baccalauréat unique, dont le paiement est en cours. Les investigations se poursuivent afin de traduire devant les tribunaux tous les auteurs et complices impliqués dans les réseaux de fraude », précise le ministère.
À la veille de la proclamation des résultats, le gouvernement entend envoyer un signal clair : la fraude aux examens nationaux n’est plus un simple acte d’indiscipline, mais une infraction qui expose désormais ses auteurs à des sanctions disciplinaires sévères et à des poursuites judiciaires. Le baccalauréat 2026 pourrait ainsi marquer un tournant dans la lutte contre la triche en Guinée.
Par Hawa CAMARA






