Confrontée à une crise chronique de l’insalubrité, notamment à Conakry, la Guinée regarde désormais vers les modèles les plus performants au monde. En visite à Shanghai, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est imprégné d’une technologie de pointe capable de transformer les déchets en énergie, avec l’ambition affichée d’engager une véritable révolution dans la gestion des ordures à l’échelle nationale.
En marge du Forum économique mondial de Davos d’Été, le Premier ministre Amadou Oury Bah a effectué une visite stratégique au centre de valorisation énergétique des déchets de Shanghai SIIC Baojingang Hills, une infrastructure considérée comme l’une des plus avancées de Chine en matière de traitement durable des déchets.
Accompagné de plusieurs membres de sa délégation, le chef du gouvernement a découvert un complexe ultramoderne, mis en service en 2023 sur une superficie de 16 hectares. Véritable prouesse technologique et architecturale, le site, dont le design s’inspire d’une montagne enneigée à l’embouchure du fleuve Yangtze, symbolise la capacité de la Chine à faire des déchets une véritable ressource économique.
Chaque jour, l’installation traite jusqu’à 3 800 tonnes de déchets, tout en produisant près de 400 millions de kilowattheures d’électricité par an. Mieux encore, les résidus issus de l’incinération des déchets solides et humides sont entièrement recyclés pour être transformés en matériaux destinés au secteur de la construction, illustrant ainsi un modèle d’économie circulaire à haute valeur ajoutée.
Pour le Premier ministre, cette immersion constitue une source d’inspiration majeure au moment où la Guinée cherche des réponses concrètes aux défis grandissants de l’assainissement urbain, particulièrement dans le Grand Conakry où la gestion des déchets demeure un enjeu majeur de santé publique et de développement.
À l’issue de cette visite, Amadou Oury Bah a réaffirmé la détermination du gouvernement à engager des réformes profondes dans ce secteur.
« D’ici à la fin de l’année, nous devons trouver des solutions radicales pour l’assainissement de Conakry. La collecte, le tri, la transformation des déchets ainsi que la réhabilitation de la décharge de Dar-es-Salam constituent des chantiers urgents. »
Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération avec les entreprises chinoises spécialisées dans la valorisation des déchets, convaincu que leur expertise pourrait accélérer la modernisation du système guinéen de gestion des ordures ménagères.
Au-delà d’une simple visite de terrain, ce déplacement traduit la volonté des autorités guinéennes de s’inspirer des meilleures pratiques internationales pour bâtir un modèle d’assainissement plus performant, durable et adapté aux réalités du pays.
À l’heure où l’urbanisation s’accélère et où les défis environnementaux deviennent de plus en plus pressants, cette coopération avec la Chine pourrait marquer un tournant décisif dans la transformation de la politique de salubrité publique en Guinée, avec l’ambition de faire des déchets non plus un problème, mais un levier de développement économique et énergétique.
Par nimba224.com











