dimanche, août 16, 2026
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BOUAKÉ : « Nous sommes désormais le présent de ce pays » — le coup de gueule de Sidi Diallo à la jeunesse guinéenne

À Bouaké, la jeunesse africaine veut changer de statut : de génération qu’on appelle « l’avenir », elle entend devenir celle qui agit maintenant. Réunis autour des questions de paix, de sécurité et de droits de l’homme, des jeunes leaders venus de 17 pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont lancé un débat qui dépasse les frontières. Au cœur de cette mobilisation, le Guinéen Sidi Diallo livre un message sans détour à la jeunesse de son pays : le temps de l’attente est révolu.

Depuis le 12 août 2026, Bouaké accueille le Forum sous-régional de la jeunesse sur la paix, la sécurité et les droits de l’homme. Pendant quatre jours, jeunes leaders, acteurs de la société civile et différents responsables échangent sur les crises qui continuent de secouer l’espace ouest-africain : insécurité, violences armées, instabilité politique, fragilisation de la cohésion sociale et recul des droits fondamentaux.

Dans ce contexte particulièrement tendu, une question s’impose : quelle place pour la jeunesse dans la recherche des solutions ?

Pour Sidi Diallo, journaliste, PDG de Fraternité FM de Mamou, ancien secrétaire général du Syndicat de la presse et ex-vice-président de la Délégation spéciale de Mamou, la réponse ne fait aucun doute : les jeunes doivent cesser d’attendre leur tour.

La rencontre de Bouaké réunit des délégations venues de 17 pays autour d’un objectif commun : donner davantage de responsabilités à une jeunesse souvent en première ligne face aux crises, mais encore insuffisamment associée aux mécanismes de décision.

Pour Sidi Diallo, cette mobilisation constitue déjà un signal d’espoir.

« Cette rencontre ouest-africaine à Bouaké est une rencontre fraternelle et surtout une rencontre d’espoir pour le continent africain. Voir des jeunes venus de 17 pays parler de paix et de sécurité, tout en mettant un accent particulier sur les droits de l’homme est, pour moi, une démarche capitale et primordiale. »

La Guinée participe aux travaux avec une délégation d’une trentaine de jeunes engagés dans différents domaines. Une présence qui, selon lui, doit permettre de renforcer les liens entre les jeunesses africaines, mais surtout de partager des expériences et d’identifier des solutions adaptées aux réalités de chaque pays.

Pour le responsable guinéen, l’un des principaux enjeux du forum est de rompre avec une conception qui présente les jeunes uniquement comme des victimes de l’insécurité et des crises sociopolitiques.

Ils doivent, au contraire, devenir des acteurs de premier plan dans la construction de la paix.

« La jeunesse a un rôle fondamental à jouer face à l’insécurité que nous constatons dans certains pays ouest-africains. Venir à Bouaké discuter des problématiques de sécurité du Sahel et trouver des pistes de solutions entre jeunes influents constitue pour moi un véritable espoir de voir demain notre continent dans un climat de paix et de sérénité. »

Un message qui prend une résonance particulière dans une région confrontée à des défis sécuritaires majeurs.

Mais Bouaké n’est pas seulement un rendez-vous consacré à la sécurité. C’est également une plateforme de rapprochement entre jeunes leaders africains.

Échanges d’expériences, création de réseaux, partage d’initiatives : pour Sidi Diallo, ces interactions doivent permettre de donner un contenu concret à l’intégration africaine.

« Mes attentes majeures quant à l’impact de ce forum, c’est de voir la concrétisation de l’intégration africaine, voir une jeunesse responsable et très engagée pour l’instauration de la paix. Puisque rien n’est possible sans la paix. Et aussi devenir des acteurs de la paix. »

Une vision qui repose sur une conviction : les déclarations ne suffisent plus.

La paix, insiste-t-il, doit être portée par des actions concrètes, le respect des droits fondamentaux, la justice, le dialogue et l’engagement citoyen.

Mais c’est à la jeunesse guinéenne que Sidi Diallo adresse son message le plus direct.

Depuis Bouaké, il appelle les jeunes à prendre conscience d’un changement de génération : ils ne sont plus simplement ceux qui doivent préparer l’avenir ; ils sont ceux qui doivent construire le présent.

« Le message que je lance depuis Bouaké à l’endroit de la jeunesse guinéenne, c’est d’être très sérieuse et de prendre conscience que nous sommes désormais le présent de ce pays, et non plus seulement l’avenir. »

Puis vient l’appel à la responsabilité :

« Nous ne devons pas perdre du temps dans les réjouissances. Pensons au développement socio-économique de notre nation, car personne ne le fera à notre place. »

Une sortie qui sonne comme une véritable interpellation à une jeunesse guinéenne appelée, selon lui, à faire du travail, de l’engagement et de la responsabilité les moteurs de son action.

Au terme des quatre jours de travaux, l’enjeu sera désormais de savoir ce que les jeunes participants feront des idées et engagements nés à Bouaké.

Car derrière les panels, les discours et les rencontres, une exigence se dessine : transformer la mobilisation de la jeunesse en actions durables.

Pour Sidi Diallo, la véritable réussite du forum ne résidera donc pas uniquement dans les recommandations qui seront formulées, mais dans la capacité des participants à créer des initiatives concrètes en faveur de la paix, de la sécurité, des droits de l’homme et de l’intégration africaine.

À Bouaké, le message de Sidi Diallo est sans ambiguïté : la jeunesse guinéenne n’a plus le luxe d’attendre. Elle doit prendre ses responsabilités, investir le présent et participer elle-même à la construction du pays.

Le temps d’être « l’avenir » est terminé. Pour cette génération, l’heure est venue d’être le présent.

 

Par nimba224.com

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