CONAKRY — La Guinée veut enfin savoir précisément qui produit, qui investit, qui emploie et où se trouve réellement son secteur privé. Pour y parvenir, l’Institut National de la Statistique (INS) accélère la mobilisation autour du Premier Recensement Général des Entreprises (RGE-1), une opération appelée à devenir l’une des principales bases statistiques de l’économie nationale.
À cet effet, le Directeur général de l’INS, Dr Makan Doumbouya, accompagné de son adjoint Mamadou Camara et de plusieurs responsables techniques, a rencontré ce jeudi le président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG), El Hadj Mamadou Baldé, entouré de ses collaborateurs.
Derrière cette réunion de travail, un enjeu majeur : obtenir l’adhésion massive des opérateurs économiques et éviter qu’une partie du tissu entrepreneurial ne reste en dehors des radars statistiques de l’État.
Combien d’entreprises sont réellement actives en Guinée ? Dans quels secteurs évoluent-elles ? Où sont-elles implantées ? Combien d’emplois créent-elles ? Quelle est leur contribution à l’économie nationale ?
Le RGE-1 doit permettre d’apporter des réponses documentées à ces questions.
Selon l’INS, l’opération vise à constituer une base d’informations économiques fiable, actualisée et exhaustive sur les entreprises et unités économiques présentes sur l’ensemble du territoire. Un outil qui pourrait profondément améliorer la capacité de l’État à planifier, décider, financer et évaluer ses politiques économiques.
Pour le Directeur général de l’INS, la réussite du recensement ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les équipes statistiques.
Elle passe nécessairement par une forte implication du secteur privé et de ses organisations représentatives.
Dr Makan Doumbouya a ainsi salué l’engagement de la CCIAG dans la sensibilisation des opérateurs économiques et appelé à renforcer cette dynamique afin de garantir une participation la plus large possible.
L’objectif est clair : faire du RGE-1 une photographie aussi fidèle que possible de l’économie réelle guinéenne.
De son côté, le président de la CCIAG, El Hadj Mamadou Baldé, a salué une initiative qu’il considère comme déterminante pour une meilleure connaissance du secteur privé. Il a réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner l’INS et à poursuivre les actions de sensibilisation et de mobilisation des opérateurs économiques.
Un engagement qui pourrait être décisif pour atteindre les entreprises formelles, mais également les nombreuses unités économiques réparties à travers les différentes régions du pays.
Au-delà du simple recensement, le RGE-1 porte une ambition beaucoup plus large : donner à la Guinée une connaissance précise de son appareil productif.
Les données recueillies pourraient notamment servir à mieux orienter les politiques de soutien aux entreprises, identifier les secteurs à fort potentiel, mesurer la création d’emplois et améliorer le ciblage des investissements publics.
Elles devraient également contribuer à réduire les zones d’ombre qui entourent encore une partie de l’activité économique nationale.
Pour l’INS comme pour la CCIAG, la prochaine bataille sera celle de la mobilisation sur le terrain. Car une cartographie économique n’a de valeur que si les entreprises acceptent de se faire recenser et fournissent des informations suffisamment fiables.
Le RGE-1 se retrouve ainsi face à un double impératif : recenser largement et produire des données crédibles.
À travers cette collaboration, l’INS et la CCIAG veulent donc installer une nouvelle culture statistique dans le monde des affaires.
La Guinée cherche désormais à passer d’une économie partiellement connue à une économie mesurée, documentée et pilotée par la donnée. Le RGE-1 pourrait être le point de départ de cette transformation.
Par nimba224.com






