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CRIEF : gravement malade, Kassory Fofana obtient la liberté après près de quatre ans de détention

CONAKRY – Coup de théâtre à la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). L’ancien Premier ministre guinéen Dr Ibrahima Kassory Fofana a été remis en liberté ce jeudi 5 mars 2026, sur décision de la chambre des appels, après près de quatre années passées en détention.

La décision de la Cour intervient pour des raisons de santé, l’état de l’ancien chef du gouvernement étant jugé gravement préoccupant par l’administration pénitentiaire.

À l’ouverture de l’audience, le président de la Cour, Daye Mara, a donné lecture d’un courrier transmis par la Direction nationale de l’administration pénitentiaire, signalant que l’ancien Premier ministre est « gravement malade ».

Face à cette situation, le procureur spécial près la CRIEF, Aly Touré, a indiqué que la demande de mise en liberté provisoire, introduite par les avocats de Kassory Fofana, pouvait être examinée favorablement.

Le parquet a toutefois demandé que cette liberté soit strictement encadrée, notamment par :

1- L’obligation d’informer la justice de tous ses déplacements ;

2- L’interdiction de s’exprimer dans la presse sur l’affaire.

Représentant l’État guinéen, partie civile dans ce dossier, Me Pépé Antoine Lamah ne s’est pas opposé à la requête.

L’avocat a souligné que la priorité pour la partie civile demeure la préservation des intérêts financiers de l’État, rappelant que les comptes bancaires et les biens immobiliers de l’ancien Premier ministre sont déjà saisis par la justice, constituant ainsi des garanties suffisantes.

Après un délibéré sur siège, la chambre des appels de la CRIEF a rendu un arrêt avant-dire droit, ordonnant la mise en liberté de Dr Ibrahima Kassory Fofana.

Dans la foulée, la juridiction a renvoyé l’affaire au 26 mars prochain, date à laquelle doivent s’ouvrir les débats sur le fond dans la procédure d’appel.

Placée en détention depuis le 6 avril 2022, l’ancien Premier ministre du régime d’Alpha Condé avait été condamné par la CRIEF, le 27 février 2025, à cinq ans d’emprisonnement ferme.

La justice l’avait reconnu coupable de plusieurs infractions économiques, notamment :

1- Détournement de deniers publics portant sur environ 15 milliards de francs guinéens ;

2- Corruption ;

3- Enrichissement illicite ;

4- Blanchiment de capitaux.

Sa libération pour raisons médicales marque un tournant dans ce dossier judiciaire très suivi, alors que la procédure d’appel doit désormais déterminer définitivement les responsabilités dans l’une des affaires les plus emblématiques de la lutte contre la corruption en Guinée.

 

 

 

Par F. KEÏTA

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