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De procureur du 28-Septembre à justiciable : Le spectaculaire basculement d’Algassimou Diallo

CONAKRY – La chute continue. Quelques mois seulement après avoir atteint l’un des sommets de sa carrière judiciaire, Algassimou Diallo s’est retrouvé ce mercredi 2 septembre 2026 dans une tout autre position : celle d’un ancien magistrat longuement auditionné, à huis clos, par un juge d’instruction à la Cour suprême.

Pendant plusieurs heures, derrière les portes closes de la plus haute juridiction du pays, l’ancien avocat général a dû répondre aux questions des enquêteurs. À la sortie, vers 19 heures, le silence était total. Pas un mot de ses avocats. Pas de communication officielle. Et surtout, aucune précision publique sur les faits judiciaires examinés.

Une audition sous haute surveillance qui relance toutes les interrogations autour de la spectaculaire disgrâce de celui qui fut l’un des visages les plus connus du parquet guinéen.

Dès les premières heures, le dispositif sécuritaire autour de la Cour suprême ne laissait guère de place au doute.

Policiers armés, accès strictement contrôlé, audience à huis clos : l’affaire était manifestement traitée avec une particulière sensibilité.

Algassimou Diallo, accompagné de ses avocats, a passé plusieurs heures dans les locaux de la plus haute juridiction du pays. Le contenu de son audition demeure couvert par le secret de l’instruction.

À sa sortie, l’ancien magistrat a été escorté par des policiers jusqu’à l’arrière de la cour. Il a ensuite pris place dans un véhicule, suivi par un pick-up de la Police.

Une image saisissante pour celui qui, il y a encore quelques mois, occupait le fauteuil d’avocat général près de cette même Cour suprême.

C’est désormais la principale question qui entoure le dossier : Pourquoi Algassimou Diallo est-il personnellement entendu dans le cadre d’une procédure judiciaire ? Quels faits sont précisément visés ? Existe-t-il de nouvelles charges distinctes de celles examinées lors de la procédure disciplinaire ?

Pour l’heure, les autorités judiciaires ne livrent aucune réponse publique.

Ce silence alimente les spéculations, mais une prudence s’impose : les chefs précis de la procédure judiciaire n’ont pas été officiellement rendus publics.

L’audition de ce mercredi constitue toutefois une étape importante : le dossier est désormais entre les mains de la justice dans le cadre d’une procédure d’instruction ; Le contraste est brutal.

Le 18 août 2026, Algassimou Diallo était suspendu de ses fonctions d’avocat général près la Cour suprême. Deux jours plus tard, le Conseil supérieur de la magistrature, réuni en formation disciplinaire, prononçait sa révocation.

L’instance disciplinaire avait estimé que les faits qui lui étaient reprochés étaient établis et constituaient des « manquements graves aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat ».

Le 21 août, un décret présidentiel entérinait sa radiation du corps de la magistrature. Un autre décret lui retirait dans le même temps son grade de Commandeur de l’Ordre national du Mérite.

En quelques jours, une carrière construite pendant des années s’effondrait.

Et l’affaire ne s’est visiblement pas arrêtée à la sanction disciplinaire.

La trajectoire d’Algassimou Diallo rend sa chute d’autant plus spectaculaire.

Il s’était imposé dans l’opinion publique comme l’un des visages du procès historique des événements du 28 septembre 2009. Alors procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn, il avait porté l’accusation contre plusieurs hauts responsables poursuivis dans cette affaire.

Son parcours s’était ensuite poursuivi à la tête du parquet général près la Cour d’appel de Kankan avant son arrivée à la Cour suprême.

En février 2026, il était nommé avocat général près cette institution.

Quelques mois plus tard, il n’est plus magistrat. Et il comparaît désormais dans le cadre d’une procédure judiciaire.

La séquence judiciaire prend donc une nouvelle dimension.

Il y a eu la suspension – Puis la révocation – Ensuite la radiation – Le retrait de sa distinction nationale – Et maintenant, une instruction judiciaire.

Le dossier Algassimou Diallo s’installe ainsi au cœur d’une zone d’ombre où se mêlent sanction disciplinaire et procédure judiciaire.

Selon plusieurs informations publiées ce mercredi, l’ancien magistrat est désormais entendu dans le cadre de l’instruction de son dossier à la Cour suprême.

Mais ce que la justice lui reproche précisément reste, à ce stade, le grand secret de l’affaire.

Après plusieurs heures d’audition, aucune partie n’a accepté de s’exprimer.

Ses avocats ont quitté les lieux sans déclaration. La Cour suprême n’a pas davantage communiqué sur le contenu de la procédure ni sur les prochaines étapes.

Une chose est désormais certaine : la révocation d’Algassimou Diallo n’a pas mis fin à l’affaire. Elle pourrait au contraire n’en avoir été que le premier acte.

La suite de l’instruction sera donc scrutée de très près.

Car derrière les portes closes de la Cour suprême, une question demeure : jusqu’où ira le dossier Algassimou Diallo ?

 

Par M. DIALLO

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