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2025, l’année où la rue a parlé : le syndicalisme guinéen sous tension permanente

2025 restera comme une année de haute intensité sociale en Guinée. Grèves à répétition, menaces de paralysie des secteurs stratégiques, recompositions internes et négociations sous pression : le Mouvement syndical guinéen (MSG) a occupé le devant de la scène, imposant le rapport de force face à un contexte socioéconomique explosif.

Dès janvier, la contestation s’installe au cœur de l’économie. Le secteur minier, pilier de la croissance, ouvre les hostilités. Préavis de grève, sit-in et ultimatums se succèdent jusqu’au point de rupture en septembre, lorsque des entreprises majeures comme Diamond Ciment, SOMICO et la COBAD tournent au ralenti. En ligne de mire : l’application intégrale de la convention collective minière, longtemps promise, jamais pleinement respectée.

Dans les télécommunications, la colère gronde aussi. La FESATEL monte au front pour défendre des travailleurs pris en étau entre précarité sociale et restructurations silencieuses. De Cellcom Guinée à Startimes, les syndicats dénoncent des indemnités insuffisantes et une insécurité croissante de l’emploi. Un paradoxe criant dans un secteur présenté comme vitrine de la modernité.

L’année est également celle des secousses internes. En mars, la CNTG tranche dans le vif en excluant Salifou Camara (FSPE) pour manquements statutaires, affirmant une ligne d’autorité assumée.

Mais c’est en mai que le paysage syndical se redessine véritablement. Le 7ᵉ congrès de l’USTG met fin à des années de bicéphalisme, rétablissant une direction unique et une parole syndicale plus lisible. Une avancée majeure, même si des incidents violents, comme à la gare routière de Siguiri, rappellent que les luttes de leadership à la base demeurent une bombe sociale latente.

Le dernier trimestre confirme une réalité constante : l’école reste l’épicentre des tensions sociales. Si des accords sont trouvés dans l’enseignement supérieur avec le SNAESURS, le pré-universitaire bascule dans une grève générale en décembre.

Salaires jugés indécents, retraites précaires, statuts piétinés : le malaise est profond. Plus qu’un conflit sectoriel, l’éducation expose les failles structurelles de la fonction publique et l’érosion continue du pouvoir d’achat des agents de l’État.

À l’approche des échéances électorales, le mouvement syndical change de tactique. L’USTG appelle à la suspension des grèves jusqu’en janvier 2026. Sous l’arbitrage du Conseil national du dialogue social (CNDS), le bras de fer cède provisoirement la place à la négociation.

Une trêve stratégique, présentée comme un acte de responsabilité nationale, mais dont la solidité dépendra des actes concrets du gouvernement.

Le bilan est sans appel : le syndicalisme guinéen est entré dans une nouvelle phase. Plus structuré, plus audible, mais confronté à des attentes sociales immenses.

2026 sera l’année de vérité : soit le dialogue débouche sur des réformes tangibles, soit la rue reprendra la parole.

 

 

 

 

Par nimba224.com

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