Fatoumata Binta Kourouma, mère célibataire et coiffeuse de 32 ans, comparaît devant le tribunal criminel de Dixinn pour trafic international de cocaïne. Elle a été interpellée le 4 septembre 2024 à la frontière guinéo-ivoirienne avec 8,3 kilogrammes de cocaïne dissimulés dans sa valise. Le procès s’est ouvert ce jeudi 29 mai 2025, avec une audience poignante durant laquelle l’accusée a reconnu les faits, tout en affirmant ignorer totalement la nature du colis qu’elle transportait.
À la barre, Binta Kourouma a raconté sa rencontre avec un certain Kerfala Smith, présenté comme son fiancé. Selon elle, ce dernier lui aurait proposé un projet de vie et une aide financière, avant de lui demander de convoyer un colis pour son « frère » en Côte d’Ivoire. « Il m’a dit que son frère allait me remettre 1000 dollars une fois arrivée, et il m’a donné 5 millions de leones pour le transport », a-t-elle expliqué, visiblement bouleversée.
Mais son voyage s’arrête brutalement à N’Zo, où les agents de sécurité découvrent, après fouille, un paquet soigneusement emballé contenant de la cocaïne. « Je leur ai dit que je ne savais pas ce qu’il y avait dans la valise, que c’était un colis pour le frère de mon fiancé. C’est en prison que j’ai compris qu’il m’a utilisée », a-t-elle confié.
L’accusée reconnaît avoir effectué un précédent voyage vers le Burkina Faso, sur instruction du même homme, où elle aurait perçu 500 dollars, mais soutient ne jamais avoir su ce qu’elle transportait. Depuis son arrestation, affirme-t-elle, le fiancé est resté injoignable.
Face à ces révélations, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 12 juin 2025 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense. L’affaire soulève des interrogations sur l’ampleur du trafic transfrontalier de stupéfiants et l’exploitation des femmes dans les réseaux criminels.
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