CONAKRY — Le football guinéen retrouve enfin une partie de son souffle. Après plusieurs années de délocalisation, de contraintes financières et de frustration pour les supporters, le stade du 28-Septembre de Conakry vient de franchir une étape décisive : la Confédération africaine de football (CAF) lui a accordé une homologation provisoire de catégorie 3 pour le mois de septembre 2026.
Derrière cette décision, un combat mené au premier plan par le président de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), Sorel Doumbouya, qui a fait de la réhabilitation et du retour du football international à Conakry un dossier prioritaire.
Dans une correspondance adressée le 14 août 2026 au secrétaire général de la FEGUIFOOT, Ibrahima Barry, la CAF a officiellement confirmé cette homologation provisoire. Signée par son secrétaire général par intérim, Samson Adamu, la décision intervient à la suite des inspections effectuées sur le site et de l’évaluation des travaux de mise à niveau réalisés sur l’infrastructure.
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Cette homologation provisoire est loin d’être une simple formalité administrative. Elle constitue surtout l’aboutissement d’un bras de fer et d’un travail de fond engagés par la nouvelle équipe dirigeante de la FEGUIFOOT, sous l’impulsion de son président, Sorel Doumbouya.
L’objectif est clair : permettre à l’équipe nationale A de Guinée de retrouver son public et de jouer à domicile, dans une enceinte emblématique du football national.
La prochaine rencontre des éliminatoires de la CAN 2027, organisée conjointement par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, pourra ainsi se jouer à Conakry, sous réserve du respect des conditions fixées par la CAF.
Pour les supporters guinéens, l’enjeu est considérable. Après avoir longtemps suivi les matchs de leur sélection loin de leurs bases, ils pourront renouer avec cette communion particulière entre les joueurs et leur public, cette symbiose populaire qui donne tout son sens au mot “domicile”.
Au-delà de l’aspect sportif et émotionnel, le retour du football international au stade du 28-Septembre pourrait également produire un effet économique majeur.
La possibilité d’accueillir les rencontres à Conakry devrait permettre à l’État guinéen et à la FEGUIFOOT de réduire sensiblement les charges liées à la délocalisation des matchs internationaux.
Pendant les périodes où les infrastructures guinéennes ne répondaient pas aux exigences de la CAF, l’organisation des rencontres à l’extérieur impliquait en effet des coûts importants : location d’infrastructures, déplacements, hébergement, logistique et autres prestations nécessaires à la tenue des matchs.
Le retour à Conakry ouvre donc la perspective d’un assainissement des dépenses liées à l’organisation des rencontres internationales et d’une meilleure maîtrise des ressources publiques et fédérales.
Il s’agit également, selon cette nouvelle orientation, de rompre avec certaines pratiques de gestion dénoncées au fil des différentes crises ayant secoué la gouvernance du football guinéen, notamment autour de prestations et de coûts jugés excessifs ou surévalués.
L’homologation du 28-Septembre pourrait ainsi contribuer à mettre fin à une période où les délocalisations ont été synonymes de dépenses lourdes pour les finances publiques et fédérales.
La décision de la CAF ne profite pas uniquement à l’équipe nationale.
Durant la période couverte par l’autorisation, les clubs guinéens engagés dans les compétitions interclubs de la CAF pourront également recevoir leurs adversaires au stade du 28-Septembre, sous réserve du respect des exigences opérationnelles imposées par l’instance continentale.
Une bouffée d’oxygène pour les représentants guinéens, qui pourront ainsi retrouver un environnement plus familier et compter sur le soutien direct de leurs supporters.
La CAF reste toutefois très claire : il ne s’agit que d’une homologation provisoire et strictement limitée dans le temps.
Plusieurs insuffisances doivent encore être corrigées afin que le stade puisse atteindre une conformité complète avec les standards de l’instance dirigeante du football africain.
La CAF se réserve notamment le droit de dépêcher un inspecteur chargé de superviser les conditions opérationnelles d’organisation d’une rencontre officielle durant le mois de septembre.
Autrement dit, le feu vert n’est pas un blanc-seing.
La FEGUIFOOT, le gouvernement et la direction du stade devront poursuivre les travaux et répondre aux dernières exigences techniques pour espérer transformer ce sursis en homologation durable.
Dans sa correspondance, la CAF salue les efforts et les progrès réalisés par le gouvernement guinéen, la FEGUIFOOT et la direction du stade. Elle les exhorte toutefois à accélérer la mise en œuvre des mesures correctives restantes.
Cette décision marque donc une étape importante, mais aussi le début d’une nouvelle bataille.
Sorel Doumbouya et son équipe ont réussi à rouvrir la porte du stade du 28-Septembre au football international. Il leur reste désormais à la maintenir ouverte.
Pour le football guinéen, le symbole est fort : retrouver son stade, retrouver son public et, surtout, retrouver une partie de son indépendance sportive et financière.
Après des années de crises, de délocalisations et de dépenses considérables, le 28-Septembre pourrait enfin redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : le cœur battant du football guinéen.
Par M.DIALLO






