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Procès du maréchal Thierno Abdoulaye Baldé : meurtre prémédité ou tragique accident ? Le tribunal militaire face à une affaire explosive

Le procès du maréchal des logis Thierno Abdoulaye Baldé, poursuivi pour homicide involontaire, s’est poursuivi ce jeudi 16 octobre 2025 devant le tribunal militaire de Conakry.

Au cœur de ce dossier sensible : la mort de Madame Koumba Keïta, atteinte par balle le 26 août 2025 à son domicile à Ansoumanya, dans la préfecture de Dubréka.

Deux thèses s’affrontent avec vigueur : la partie civile parle d’un meurtre prémédité, tandis que la défense évoque un accident domestique tragique.

Pour Me Abdoulaye Keïta, avocat de la partie civile, il ne s’agit nullement d’un tir accidentel. L’avocat soutient que le maréchal des logis a délibérément abattu la victime, dans un contexte de tensions liées à un projet de mariage entre leurs deux familles.

« Mme Koumba Keïta a été atteinte par balle par le maréchal des logis-chef Thierno Abdoulaye Baldé. Avant même d’entrer dans la cour, il avait déjà tiré un premier coup de feu », a déclaré Me Keïta.

L’avocat estime que les éléments du dossier écartent toute hypothèse d’accident. Selon lui, la trajectoire de la balle et les circonstances du drame contredisent la version du prévenu :

« La victime se trouvait à gauche, alors que le pistolet serait tombé à droite. Comment expliquer qu’il se soit retourné pour atteindre Mme Keïta à l’épaule gauche ? », s’interroge-t-il.

Me Keïta dénonce également le traitement judiciaire du dossier, qu’il juge « irrégulier » :

« Un dossier criminel ne peut être jugé en flagrant délit. Il aurait dû être renvoyé devant un cabinet d’instruction. Or, ici, le tribunal a ouvert le débat en flagrance, ce qui est contraire aux principes de droit », a-t-il dénoncé, avant d’annoncer qu’il déposera une requête en ce sens.

L’avocat de la partie civile évoque en outre des motivations sentimentales derrière le drame :

« La victime s’opposait au mariage de sa fille avec le prévenu. C’est ce refus qui aurait conduit à l’acte fatal. L’objectif était d’éliminer l’obstacle à cette union », affirme Me Keïta.

Ce dernier met également en cause un haut gradé de la gendarmerie, le Général Baldé, qu’il accuse d’avoir influencé la procédure.

« Le dossier n’aurait pas dû être traité en flagrant délit. Cela a été possible uniquement grâce à son intervention », soutient-il, tout en promettant de révéler davantage lors de la prochaine audience, fixée au 28 octobre.

En face, Me Amadou Oury Diallo, avocat du maréchal des logis Baldé, rejette toute accusation de préméditation. Selon lui, la balle ayant coûté la vie à Mme Koumba Keïta résulte d’un accident involontaire survenu au cours d’une visite familiale.

« Mon client n’est pas un criminel. Il s’est rendu chez sa future belle-mère pour la saluer. En voulant se déplacer avec une chaise et un sac, il a maladroitement heurté son arme, qui est tombée. La détonation est partie accidentellement », explique-t-il.

L’avocat met aussi en cause la responsabilité du personnel médical, qu’il juge défaillant : « La victime aurait pu être sauvée si elle avait été prise en charge correctement. Elle a été abandonnée sans perfusion, sans ambulance, et conduite à Donka dans un taxi. C’est ce retard qui lui a coûté la vie », a-t-il regretté.

Concernant la procédure en flagrant délit, Me Diallo estime que le tribunal a agi conformément à la loi : « Il s’agit d’un homicide involontaire, pas d’un crime. Le prévenu a reconnu les faits. Il n’y avait donc pas lieu de renvoyer le dossier à l’instruction », a-t-il justifié.

Réagissant aux accusations portées contre le Général Baldé, ancien Haut Commandant de la gendarmerie nationale, l’avocat de la défense dénonce des propos « infondés et dangereux ».

« Le Général Baldé n’a exercé aucune influence. Il a simplement présenté ses condoléances à la famille de la victime, en tant que parent du prévenu. L’associer à ce drame est irresponsable », a insisté Me Diallo.

Le tribunal militaire de Conakry a renvoyé l’affaire au 28 octobre 2025 pour la comparution d’un témoin clé.

En attendant, le maréchal des logis Thierno Abdoulaye Baldé reste en détention préventive à la maison centrale de Conakry, où il est incarcéré depuis le 27 août.

Ce dossier, mêlant drame familial, amour contrarié et soupçons d’abus de pouvoir, tient en haleine l’opinion publique et relance le débat sur la détention et l’usage d’armes à feu par les forces de l’ordre en dehors du service.

 

 

Par nimba224.com

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