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Hôpital Ignace Deen : 866 millions GNF au cœur d’un procès explosif devant le TPI de Kaloum

Conakry – Le dossier fait grand bruit dans le secteur de la santé. Le procès du directeur général de l’Hôpital Ignace Deen, le Pr Dadhi Baldé, s’est poursuivi ce mercredi devant le Tribunal de première instance de Kaloum. À ses côtés à la barre : Oumar Yansané, agent comptable, et Samuel Koundoua, directeur des affaires financières (DAF).

Les trois responsables, qui comparaissent libres, sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics portant sur plus de 866 millions de francs guinéens. Des accusations qu’ils contestent catégoriquement.

Dans cette affaire, l’Agence Judiciaire de l’État (AJE), constituée partie civile, estime que ces fonds auraient été détournés au préjudice du Trésor public. L’enjeu est de taille : il s’agit de crédits alloués à un hôpital de référence, au cœur du système sanitaire national.

L’audience de ce mercredi a été consacrée aux témoignages des inspecteurs ayant mené la mission de contrôle à l’origine de la procédure.

À la barre, Alhassane Barry, inspecteur général de contrôle, a expliqué que la mission avait été diligentée par le ministère de la Santé pour vérifier l’utilisation des crédits budgétaires et la gestion des médicaments fournis par l’État.

Les investigations ont porté sur quatre lignes budgétaires sensibles :

– les contractuels,

– l’entretien et les réparations,

– l’achat de biens courants,

– l’acquisition de produits pharmaceutiques.

Selon l’inspecteur, plusieurs irrégularités auraient été constatées. Bons de commande non conformes, absences de bons de réception, commandes passées sans livraison effective : « Certaines pièces ont été rejetées. Dans certains cas, les fournitures n’ont jamais été réceptionnées », a-t-il affirmé.

Plus grave encore, des dépenses engagées pour l’achat de médicaments n’auraient pas été suivies de réception par la pharmacie de l’hôpital. « Le récepteur n’a pas signé. Pour des ordinateurs payés en 2022, aucun bien n’a été constaté en 2023. Pour nous, il n’y a rien », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Celia Dounoh, inspecteur de contrôle de santé, a corroboré ces constats. Chargé de collecter et de saisir les données comptables, il affirme avoir travaillé sur des documents irréguliers. « Les pièces transmises présentaient des anomalies. Certaines informations m’étaient dictées pour être introduites dans le système », a-t-il soutenu.

Le contrôleur financier de l’hôpital ainsi que le représentant de la Société Guinéenne d’Importation de Médicaments (Soguiprem) ont également été entendus afin d’éclairer la juridiction sur les circuits financiers et logistiques.

À l’issue des débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 11 mars 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense.

Au-delà des personnes poursuivies, ce procès soulève une question cruciale : celle de la gouvernance et de la traçabilité des fonds publics dans les structures sanitaires.

Dans un contexte où chaque franc destiné à la santé publique compte, la justice devra trancher entre soupçons de malversations et arguments de défense.

 

 

 

Par M. DIALLO

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