mardi, mars 10, 2026
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Guinée : après la dissolution de son parti, Cellou Dalein Diallo appelle à « l’union sacrée » contre le CNRD

CONAKRY – Au lendemain de la décision des autorités de la transition de dissoudre plusieurs formations politiques majeures, le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, est sorti de son silence.

Dans une déclaration au ton grave et résolument offensif, l’ancien Premier ministre a acté une rupture totale avec le pouvoir du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et lancé un appel à « l’union sacrée » des Guinéens face à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire.

Dans son intervention, Cellou Dalein Diallo est revenu sur la date du Coup d’État du 5 septembre 2021 en Guinée, qui avait porté au pouvoir le colonel Mamadi Doumbouya.

Alors que certains y avaient vu, à l’époque, une opportunité de renouveau politique, le leader de l’UFDG affirme désormais que cet événement marque le début d’un « véritable déclin national ».

« Chaque fois que nous pensions avoir touché le fond de l’abîme, une nouvelle escalade nous précipite davantage dans les ténèbres », a-t-il déclaré, accusant la junte de vouloir effacer les acquis démocratiques obtenus au prix de longues luttes politiques.

La dissolution de l’UFDG, considérée depuis près de deux décennies comme l’une des principales forces de l’opposition guinéenne, est perçue par son leader comme l’aboutissement d’une stratégie visant à verrouiller le champ politique.

Sans détour, Cellou Dalein Diallo a accusé le chef de la transition, Mamadi Doumbouya, de vouloir instaurer un « parti-État » afin de compenser ce qu’il décrit comme un déficit de légitimité électorale.

L’opposant a également dressé un tableau sombre de la situation nationale, évoquant un climat marqué, selon lui, par « des assassinats ciblés, des disparitions forcées et des séquestrations », accusant le régime de s’arroger « un droit de vie et de mort » sur les citoyens et les institutions.

Autre moment fort de cette déclaration : l’abandon de la voie du dialogue politique.

Face à ce qu’il décrit comme « le silence assourdissant de la communauté internationale », le leader de l’UFDG estime que les voies institutionnelles et diplomatiques sont désormais épuisées.

« Nous savons désormais que ce n’est ni par le dialogue, ni par la voie démocratique, ni par les moyens légaux que nous obtiendrons des changements politiques », a-t-il affirmé.

S’appuyant sur une citation attribuée à Thomas Jefferson — « Quand l’injustice devient loi, la résistance devient un devoir » — l’opposant a appelé à une « résistance frontale » et à ce qu’il qualifie de « lutte de libération ».

Conscient des fractures qui ont souvent fragilisé l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo a également lancé un appel à dépasser les « divisions, rivalités et rancœurs du passé ».

Selon lui, l’enjeu dépasse désormais les rivalités politiques classiques et concerne la sauvegarde même de la nation.

Il a enfin averti que « le moment venu, chacun répondra de ses actes », une déclaration qui sonne comme une promesse de reddition de comptes pour les responsables de ce qu’il qualifie de dérives autoritaires.

Par la radicalité de son ton et la portée de ses appels, la déclaration du 8 mars 2026 pourrait marquer un tournant majeur dans la crise politique guinéenne.

Entre un pouvoir de transition accusé par ses opposants de durcir son emprise et une opposition qui se dit désormais prête à passer à une nouvelle phase de confrontation politique, la Guinée s’engage dans une séquence d’incertitude politique aux conséquences potentiellement majeures.

 

 

 

Par nimba224.com

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