CONAKRY — Le gaz domestique s’impose progressivement comme une composante majeure du quotidien des ménages guinéens. Et les chiffres témoignent d’un changement d’échelle spectaculaire : la demande est passée de 1 900 tonnes en 2021 à environ 9 000 tonnes en 2025.
C’est dans ce contexte que des responsables publics et des acteurs de la filière ont effectué, ce samedi, une visite de terrain à l’usine de fabrication et de requalification des bouteilles de gaz à Conakry, à l’initiative de la direction générale de FAPGAZ.
L’objectif était clair : examiner les capacités de production de l’unité, identifier les contraintes qui entravent encore son fonctionnement optimal et dégager des pistes permettant de renforcer durablement la chaîne d’approvisionnement du gaz en Guinée.
Pour Mme Aïssata Kaba, conseillère principale au ministère de l’Assainissement et de l’Hydraulique, cette mission répond à une nécessité devenue incontournable : anticiper l’évolution de la demande et sécuriser l’accès des ménages au gaz.
« Aujourd’hui, nous sommes sur l’usine de fabrication et de requalification des bouteilles de gaz. Nous sommes dans le cadre d’une mission de terrain, une visite effectuée avec le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, à la suite des instructions de nos deux ministres, afin de constater la chaîne d’approvisionnement du gaz dans notre pays », a-t-elle expliqué.
Selon elle, la progression de la consommation impose désormais de rechercher de nouvelles perspectives pour la filière.
« Le gaz est devenu un produit ancré dans le quotidien des ménages guinéens. Le besoin est de plus en plus important, d’autant plus que nous sommes passés d’une consommation de 1 900 tonnes en 2021 à environ 9 000 tonnes en 2025 », a-t-elle souligné.
L’enjeu ne se limite toutefois pas à la disponibilité du produit. Il concerne également le pouvoir d’achat des ménages et la transition progressive vers des sources d’énergie moins dépendantes du charbon de bois; « Il faut voir par quels mécanismes nous pouvons continuer à alléger le panier de la ménagère, tout en améliorant sa santé grâce à la réduction de l’utilisation du charbon de bois », a-t-elle ajouté.
Au terme de la visite, Ibrahima Camara, conseiller chargé des questions de finances publiques au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, a dressé un constat globalement positif; « Globalement, le constat est satisfaisant », a-t-il déclaré.
Pour le responsable, l’infrastructure représente un maillon stratégique dans la réponse aux besoins croissants du marché guinéen.
Mais malgré les capacités de l’usine, un obstacle demeure : elle ne fonctionne pas encore à plein régime.
Selon Ibrahima Camara, le retard dans l’arrivée des commandes constitue actuellement l’une des principales difficultés auxquelles l’usine est confrontée; « L’usine aujourd’hui a quelques difficultés liées notamment aux commandes qui tardent à arriver, ce qui fait qu’elle ne fonctionne pas à plein temps », a-t-il expliqué.
Une situation qui limite nécessairement le rendement de l’unité industrielle alors même que la demande nationale connaît une progression importante. Le conseiller chargé des finances publiques assure toutefois que l’État entend accompagner l’usine afin de lui permettre d’atteindre son plein potentiel.
« Tous les efforts seront mis à profit pour mettre cette usine au point afin qu’elle puisse fonctionner à plein temps et satisfaire les ménages guinéens », a-t-il rassuré.
Au-delà de la production industrielle, la visite a également remis au centre des discussions la question de la souveraineté économique.
Pour Ibrahima Camara, produire localement les bouteilles de gaz constitue un enjeu stratégique pour la Guinée; « C’est un sentiment de fierté. Il y va aussi de la souveraineté économique », a-t-il déclaré.
Selon lui, une bouteille de gaz importée coûte environ 25 dollars. Le développement d’une chaîne de production locale pourrait donc contribuer à réduire la dépendance aux importations et à accroître progressivement l’offre disponible sur le marché national.
L’objectif recherché est également de faciliter l’accès des ménages au gaz domestique et d’accompagner la réduction progressive de l’utilisation du charbon de bois.

Du côté de FAPGAZ, le directeur général Kaman Sadji Diallo affiche sa confiance quant à l’avenir de la filière.
Selon lui, la dynamique actuellement enclenchée devrait favoriser l’installation progressive de nouveaux professionnels dans le secteur gazier.
Cette arrivée de nouveaux acteurs pourrait contribuer à renforcer la production locale, à sécuriser l’approvisionnement du marché et à consolider durablement la filière gaz en Guinée.

Avec une demande passée de 1 900 à environ 9 000 tonnes en quatre ans, le marché guinéen du gaz domestique connaît une transformation profonde.
La mission effectuée à l’usine de fabrication et de requalification des bouteilles intervient ainsi à un moment stratégique. Pour les responsables rencontrés, l’enjeu est désormais de faire correspondre les capacités industrielles du pays à une demande qui ne cesse de progresser.
Renforcement de la production, accompagnement de l’industrie locale, arrivée de nouveaux opérateurs et sécurisation de la chaîne d’approvisionnement constituent désormais les principaux leviers avancés pour structurer la filière.
À terme, l’ambition affichée est de faire de la production locale de bouteilles un instrument de souveraineté économique, tout en contribuant à rendre le gaz domestique plus accessible aux ménages guinéens.
Par nimba224.com








