Conakry – Les financements mobilisés ne doivent plus rester au stade des engagements. Face aux lenteurs dans l’exécution de certains projets soutenus par la Banque islamique de développement (BID), le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABÉ, hausse le ton et appelle à des mesures immédiates pour accélérer la mise en œuvre des investissements en Guinée.
Également gouverneur de la Guinée auprès de la BID, le ministre a présidé, ce jeudi 29 octobre, une réunion de restitution de la mission de supervision de l’ensemble du portefeuille des projets financés par l’institution financière islamique dans le pays. Au cœur des échanges : l’évaluation des performances, l’identification des blocages et la définition de mesures correctives pour sortir certains projets des lenteurs administratives et opérationnelles.
Autour de la table figuraient la délégation de la BID, les points focaux de l’institution, les coordonnateurs des Unités de gestion de projets (UGP) ainsi que plusieurs cadres des secteurs des infrastructures, de la santé, de l’agriculture et de l’assainissement.
Pour Ismaël NABÉ, l’enjeu est désormais de passer des engagements financiers aux résultats visibles sur le terrain. Rappelant la contribution stratégique de la BID au financement des investissements structurants de la Guinée, notamment dans les infrastructures et les projets intégrateurs, il a insisté sur la nécessité de respecter des délais d’exécution maîtrisés et de donner une nouvelle impulsion au partenariat.
L’accélération des décaissements apparaît ainsi comme l’un des principaux chantiers. Le ministre a notamment préconisé une meilleure coordination entre les départements ministériels, les équipes de la Banque et les unités de gestion des projets. Il a également plaidé pour le traitement parallèle de certaines procédures administratives, lorsque les conditions le permettent, afin de raccourcir les délais de contractualisation et de paiement.
Parmi les dossiers examinés, le projet d’assainissement du Grand Conakry occupe une place particulière. Face à l’urgence des besoins dans la capitale guinéenne, le ministre a appelé à une mobilisation rapide des partenaires et à une clarification des responsabilités institutionnelles.
L’objectif est de lever les incertitudes qui pourraient compromettre les perspectives de financement et retarder davantage la mise en œuvre de ce projet. Une coordination étroite avec les ministères concernés et les autres partenaires financiers a été présentée comme une condition essentielle à son avancement.
Au-delà des financements, le ministre entend également s’attaquer aux faiblesses liées à l’exécution des projets. Le renforcement des capacités des UGP, l’amélioration du suivi des paiements et des indemnisations ainsi qu’une responsabilisation accrue des acteurs opérationnels figurent parmi les mesures préconisées.
Ismaël NABÉ a par ailleurs invité la BID à signaler sans délai les difficultés nécessitant un arbitrage gouvernemental. Une démarche destinée à éviter que des blocages techniques ou administratifs ne se transforment en retards prolongés.
S’agissant des futurs projets, le ministre a défendu une approche davantage axée sur la maturité des dossiers. Désormais, les opérations proposées devront s’appuyer sur des études suffisamment avancées et des conditions de mise en œuvre clairement établies. Les projets cofinancés avec d’autres partenaires techniques et financiers devront également bénéficier d’une coordination renforcée pour accélérer leur préparation et leur approbation.
En réaffirmant la disponibilité du Gouvernement à accompagner la BID et les structures nationales dans la résolution des difficultés identifiées, Ismaël NABÉ entend donner un nouvel élan à la coopération entre la Guinée et l’institution financière.
Mais au-delà des déclarations d’intention, le véritable défi reste celui de l’exécution : accélérer les décaissements, lever les obstacles, améliorer la gouvernance des projets et garantir que les ressources mobilisées produisent des infrastructures et des services réellement bénéfiques aux populations.
Car, pour les autorités guinéennes, la performance d’un partenariat financier ne se mesure pas uniquement aux montants engagés, mais surtout à la capacité de transformer ces financements en résultats concrets sur le terrain.
Par nimba224.com






