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Cryptoactifs, chicha, criminalité faunique : la Guinée déclenche une offensive tous azimuts contre les nouvelles formes de criminalité organisée

CONAKRY – Le blanchiment de capitaux via les cryptoactifs s’impose aujourd’hui comme l’une des formes les plus redoutables de criminalité financière. En fusionnant innovation technologique et réseaux criminels transnationaux, ce phénomène a donné naissance à une économie souterraine rapide, décentralisée et difficile à tracer, échappant partiellement aux mécanismes classiques de contrôle étatique.

Derrière cette modernité apparente se cache une réalité plus inquiétante : l’érosion progressive de la souveraineté des États. Cette criminalité d’un nouveau genre fragilise les fondements mêmes de l’autorité publique et compromet la capacité des institutions à exercer pleinement leurs missions régaliennes.

Les effets de ce système opaque s’articulent autour de quatre dynamiques majeures : la perte de souveraineté monétaire et financière, l’émergence de réseaux de gouvernance criminelle alimentés par la corruption, la montée en puissance d’acteurs de fait concurrençant l’autorité légitime, et enfin, l’isolement progressif de certains États face à la communauté internationale.

Dans ce contexte, les cryptoactifs deviennent un outil privilégié pour le blanchiment de fonds issus du trafic de drogue, de la corruption, de la criminalité organisée et parfois même du financement du terrorisme.

Face à cette menace globale, la République de Guinée affiche une position de fermeté. Le pays entend freiner la propagation de ces pratiques sur son territoire à travers une stratégie coordonnée pilotée par le Secrétariat général à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé.

Interrogé par la presse, le Secrétaire général de cette institution, le commissaire divisionnaire Mohamed Lamine Simakan, a réaffirmé la détermination des autorités à adapter la riposte sécuritaire à l’évolution rapide des menaces.

Pour le haut responsable, le blanchiment de capitaux et l’usage criminel des cryptoactifs constituent désormais un défi central pour les services de sécurité.

« Ce phénomène alimente la corruption, le trafic de stupéfiants, la criminalité organisée, le financement du terrorisme ainsi que d’autres formes de délinquance économique et financière. Aucune institution ne peut agir seule. Seule une coordination efficace entre les acteurs sécuritaires, judiciaires, financiers et technologiques peut produire des résultats durables », a-t-il expliqué.

Dans une approche résolument offensive, les Services spéciaux misent désormais sur l’anticipation plutôt que sur la réaction. L’objectif est clair : ne plus subir les mutations de la criminalité, mais les devancer.

« Les formes de criminalité évoluent sans cesse. Nous ne voulons plus courir derrière les criminels. Nous voulons les anticiper. Pour cela, nos équipes doivent être formées et équipées aux nouvelles technologies. La criminalité liée aux cryptomonnaies est aujourd’hui mondiale. Si nous restons en marge, nous serons dépassés », a insisté le commissaire Simakan.

Au-delà du cyberespace et des cryptoactifs, les autorités guinéennes renforcent également leur action contre d’autres formes de criminalité jugées préoccupantes.

La lutte contre l’importation, la vente et la consommation de la chicha a été intensifiée, avec plusieurs dossiers déjà transmis aux juridictions compétentes. Les Services spéciaux affirment que des mesures fermes sont en cours d’application.

« Nous ne restons pas les bras croisés. Nous nous battons jour et nuit pour inverser la tendance », a déclaré le commissaire divisionnaire.

Dans le même élan, les services de sécurité élargissent leur champ d’action à la protection de la faune, considérée comme un enjeu stratégique à la fois national et international.

« La criminalité faunique fait partie intégrante de la criminalité organisée transnationale. La Guinée a ratifié des conventions internationales et ne peut rester passive face à la destruction de sa biodiversité », a-t-il ajouté.

À travers cette offensive globale, les autorités guinéennes entendent réaffirmer le rôle central de l’État face à des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués, mobiles et connectés.

Dans un monde où la criminalité se digitalise à grande vitesse, la Guinée engage ainsi un bras de fer stratégique : celui de la souveraineté contre l’invisibilité des flux financiers illicites.

 

 

Par M.DIALLO

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