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CRIEF : TROIS AUXILIAIRES DE JUSTICE CONDAMNÉS, UNE AVOCATE ÉCOPPE DE 3 ANS DE PRISON FERME ET FAIT L’OBJET D’UN MANDAT D’ARRÊT

CONAKRY – L’affaire impliquant trois auxiliaires de justice connaît désormais son dénouement judiciaire. Après plusieurs audiences et des réquisitions particulièrement sévères du parquet spécial, la CRIEF a rendu sa décision, ce mercredi 4 novembre 2026, dans le dossier opposant la société Ecobank Guinée à maîtres Sory Daouda Camara, Mandiou Sangaré, tous deux huissiers de justice, et Halimé Saad Chaloub, avocate.

Dans son délibéré, la juridiction a d’abord écarté l’infraction de faux en écritures publiques et authentiques, estimant que les faits étaient prescrits.

En revanche, elle a retenu l’usurpation de fonction contre maître Mandiou Sangaré et déclaré maître Sory Daouda Camara complice de cette infraction. Les deux huissiers ont été condamnés à deux ans d’emprisonnement avec sursis.

Le sort de l’avocate Halimé Saad Chaloub est tout autre. La CRIEF l’a reconnue coupable d’escroquerie au jugement et l’a condamnée à trois ans d’emprisonnement ferme. Plus sévère encore, un mandat d’arrêt a été décerné contre elle à l’audience.

La Cour a également prononcé une amende de 30 millions de francs guinéens à l’encontre de chacun des trois prévenus.

À l’origine de cette procédure, une plainte de la société Ecobank Guinée, qui poursuivait les trois auxiliaires de justice pour des faits présumés d’escroquerie au jugement, de faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques, d’usurpation de titre et de fonction ainsi que de complicité.

Au cours des débats, la partie civile avait sollicité la condamnation solidaire des prévenus au paiement de 5 millions de dollars à titre principal et de 20 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

Pour le conseil d’Ecobank Guinée, maître Antoine Pépé Lama, cette réparation constituait une exigence pour permettre à la banque de recouvrer ses droits.

« C’est la seule manière de rendre justice dans cette affaire. C’est la seule manière de rétablir Ecobank dans ses droits », avait-il plaidé devant la Cour.

Dans ses réquisitions, le parquet spécial, représenté par Pierre Segbe Kamano, avait adopté une position particulièrement ferme. Il avait demandé la condamnation des trois prévenus à sept ans d’emprisonnement chacun, assortis d’une amende de 50 millions de francs guinéens par personne.

Le ministère public avait également sollicité des sanctions professionnelles complémentaires : trois ans d’interdiction temporaire d’exercer la profession d’huissier de justice contre maîtres Sory Daouda Camara et Mandiou Sangaré, ainsi que trois ans d’interdiction d’exercer la profession d’avocat contre Halimé Saad Chaloub.

Des réquisitions qui n’ont donc pas été intégralement suivies par la juridiction, laquelle a finalement prononcé des peines différenciées selon les infractions retenues contre chacun des prévenus.

De leur côté, les avocats de la défense avaient vivement contesté le déroulement de la procédure, dénonçant une instruction qu’ils jugeaient orientée et un déséquilibre entre les parties au procès.

Les deux huissiers de justice, placés en détention préventive depuis le 29 septembre dernier, avaient catégoriquement rejeté les accusations portées contre eux.

Avec cette décision, la CRIEF clôt ainsi le procès en première instance, sous réserve des éventuelles voies de recours. Une affaire qui remet au premier plan la question de la responsabilité pénale et disciplinaire des auxiliaires de justice dans l’exercice de leurs fonctions.

 

 

Nimba224.com

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