KANKAN – Alors que la Police nationale multiplie les opérations de répression contre la commercialisation et la consommation de produits liés à la chicha, certains établissements nocturnes de Conakry continueraient de braver ouvertement la décision des autorités. Plus préoccupant encore, des soupçons de complaisance impliquant certains agents des forces de l’ordre sont évoqués. Pendant ce temps, à Kankan, plus de 60 cartons de charbon destiné à l’usage de la chicha viennent d’être découverts et saisis par la police. Une situation qui pose désormais la question de l’effectivité de l’interdiction sur l’ensemble du territoire national.
La lutte contre la chicha en Guinée est-elle appliquée avec la même rigueur partout ? Alors que les autorités affichent leur détermination à mettre fin à la commercialisation et à la consommation de ce produit, des établissements nocturnes de la capitale continueraient de défier les mesures étatiques, au nez et à la barbe des services chargés de faire respecter la réglementation.
Tandis que, dans certaines boîtes de nuit de Conakry, la consommation de chicha se poursuivrait en cachette malgré les décisions des autorités. Plus troublant, des interrogations persistent sur les conditions dans lesquelles certains établissements parviendraient à maintenir ces pratiques, avec des soupçons de complaisance de la part de certains agents des forces de l’ordre. Des faits qui, s’ils sont établis, soulèveraient de sérieuses questions sur l’application de la décision gouvernementale et la responsabilité de ceux qui sont chargés de la faire respecter.
Pendant que ces pratiques persistent dans certains milieux nocturnes de Conakry, la Police nationale poursuit ses opérations de contrôle et de prévention à l’intérieur du pays.
À Kankan, une patrouille de la Brigade spéciale d’intervention de la police (BSIP), relevant du Commissariat central, a permis de découvrir plus de 60 cartons de charbon destiné à l’utilisation de la chicha dans le quartier Farako 2.
Selon les informations communiquées par la Police nationale, cette importante cargaison aurait été abandonnée sur les lieux. Les premières investigations menées auprès des riverains n’ont toutefois pas permis d’identifier son propriétaire.
Le parquet de Kankan a été informé et une enquête a été ouverte afin de retrouver le propriétaire de ces produits et de déterminer les circonstances exactes de leur abandon.
Cette nouvelle saisie relance le débat sur l’efficacité du dispositif de lutte contre la chicha en Guinée. Car au-delà des opérations ponctuelles de saisie, la véritable bataille reste celle du démantèlement des circuits d’approvisionnement, de la fermeture des réseaux de commercialisation clandestins et du contrôle effectif des établissements qui continueraient à proposer ce produit à leur clientèle.
Une question mérite particulièrement d’être posée : comment expliquer que des établissements nocturnes puissent continuer à servir de la chicha dans la capitale alors que les autorités ont engagé une politique de lutte contre sa consommation ?
Si des agents chargés de faire appliquer la décision de l’État ferment les yeux, voire facilitent de telles pratiques, les responsabilités devront être établies et les éventuelles complicités sanctionnées conformément à la loi.
La Police nationale appelle, pour sa part, les citoyens à faire preuve de vigilance et à signaler toute activité suspecte liée à la commercialisation de produits interdits ou présentant des risques pour la santé publique.
Pour tout renseignement ou signalement, le numéro vert gratuit 117 est mis à la disposition de la population.
À Conakry comme à l’intérieur du pays, l’enjeu n’est désormais plus seulement de saisir du charbon ou des accessoires de chicha. Il s’agit surtout de faire respecter l’autorité de l’État, sans exception ni traitement de faveur.
Par F.KEÏTA






