mardi, mai 5, 2026
AccueilACTUALITÉSCRIEF : en appel, Mamadou Saïdou Baldé face à un dossier à...

CRIEF : en appel, Mamadou Saïdou Baldé face à un dossier à 47 milliards GNF, la Cour ouvre les débats

CONAKRY – Le procès prend une nouvelle dimension. La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a repris, ce mardi 5 mai 2026, l’examen du dossier Mamadou Saïdou Baldé, ancien receveur communal du Trésor de Matoto, poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écriture publique, enrichissement illicite, corruption et complicité.

Au cœur des accusations : un montant vertigineux de 46,8 milliards de francs guinéens, qui auraient été soustraits des circuits officiels. Selon l’accusation, ces fonds étaient destinés au paiement des salaires de fonctionnaires ainsi que des pensions civiles et militaires de la commune de Matoto, pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2021.

Dès l’ouverture de l’audience, la défense a tenté de bloquer la procédure. L’avocat de l’ancien responsable a soulevé une fin de non-recevoir, estimant que la partie civile, à l’origine de l’appel, n’avait pas motivé sa démarche. Une ligne rejetée frontalement par le parquet et la partie civile, qui ont plaidé pour la poursuite des débats.

Après des échanges tendus, le président de la Cour, Francis Kova Zoumanigui, a tranché : la requête de la défense est rejetée, et les débats sont ouverts sur le fond.

À la barre, Mamadou Saïdou Baldé s’est employé à démonter les accusations. Revenant sur ses fonctions, il a rappelé que son rôle se limitait à la réception des fonds publics et au paiement des dépenses. Face au montant incriminé, il dénonce « un montage » : « On ne peut pas détourner les pensions de citoyens sans que cela ne se sache », a-t-il soutenu, estimant que les bénéficiaires auraient immédiatement réagi en cas de manquement.
Mais le parquet et la partie civile maintiennent la pression, multipliant les interrogations sur la gestion des flux financiers au sein de la commune.

Dans un souci de clarification, la Cour a ordonné le renvoi de l’affaire au 12 mai 2026. Elle exige du prévenu la production du livre-journal censé retracer l’ensemble des opérations financières, une pièce jugée déterminante pour la manifestation de la vérité.
Ce nouveau rebondissement intervient alors que Mamadou Saïdou Baldé avait été relaxé en première instance. Le 28 juillet 2025, la chambre de jugement de la CRIEF l’avait déclaré non coupable, le renvoyant des fins de la poursuite.

L’audience à venir s’annonce donc décisive. Entre contestation des faits, bataille procédurale et enjeux financiers colossaux, ce procès en appel pourrait bien rebattre toutes les cartes.

 

 

Par M.DIALLO

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -
CIAO

Most Popular

Recent Comments