CONAKRY – La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ouvert ce mercredi l’examen du dossier impliquant l’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mandian Sidibé, poursuivi dans une affaire présumée de détournement portant sur près de 78 milliards de francs guinéens.
Aux côtés de l’ex-patron de l’OGP, comparaissent également le journaliste Pépé Haba et le comptable Aboubacar Sidiki Konaté. Les trois prévenus font face à plusieurs chefs d’accusation liés à des infractions économiques et financières, notamment des faits présumés de détournement de fonds publics, de corruption, d’abus de fonction et d’irrégularités dans la passation des marchés publics.
Cette première audience a essentiellement été consacrée à la lecture des faits reprochés ainsi qu’à la vérification de l’identité des prévenus. Devant la juridiction, chacun des accusés a rejeté les accusations portées contre lui, plaidant non coupable.
L’un des principaux enjeux de cette audience concernait toutefois la situation carcérale de Mandian Sidibé. Placé sous mandat de dépôt en décembre 2024, il demeure le seul des trois prévenus encore privé de liberté, une situation que ses avocats contestent avec vigueur.
La défense a ainsi introduit une nouvelle demande de mise en liberté provisoire, invoquant notamment l’état de santé de son client. Selon Me Sékou Traoré, l’ancien directeur général de l’OGP souffrirait de complications médicales apparues peu après son incarcération, ayant nécessité son transfert à l’hôpital national Ignace-Deen où il poursuit actuellement sa prise en charge médicale.
L’avocat a également souligné que l’ensemble des frais liés à cette hospitalisation serait assumé par le prévenu lui-même, y compris les coûts d’hébergement hospitalier, estimés à plusieurs millions de francs guinéens.
Face à cette requête, le ministère public a choisi de ne pas se prononcer immédiatement. Le substitut du procureur spécial près la CRIEF, Biwon Millimono, a sollicité un renvoi afin d’examiner les documents médicaux et les pièces versées au dossier par la défense.
À l’issue des débats, le président de l’audience, Alpha Camara, a renvoyé l’affaire au 15 juin prochain, date à laquelle la Cour devrait se prononcer sur la demande de mise en liberté formulée en faveur de Mandian Sidibé.
Cette nouvelle étape judiciaire est suivie de près, tant en raison de l’importance des montants en jeu que de la sensibilité de ce dossier, qui s’inscrit dans la dynamique de lutte contre la délinquance économique et financière engagée devant la CRIEF.
Par nimba224.com






