CONAKRY – La tension atteint un niveau critique à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Accusant le gouverneur de refuser de signer le protocole d’accord 2026, les travailleurs ont officiellement déposé un préavis de grève. À défaut d’un compromis avant le 20 août, le syndicat promet un mouvement illimité susceptible de perturber le fonctionnement de l’une des institutions les plus stratégiques du pays.
Dans une correspondance signée par le secrétaire général adjoint de la délégation syndicale, Aboubacar Sidiki Camara, le syndicat indique agir conformément aux dispositions des articles 431.3 et suivants du Code du travail.
Le préavis entrera en vigueur le lundi 10 août 2026 et s’étendra jusqu’au jeudi 20 août 2026, sauf levée anticipée ou prorogation décidée par le bureau syndical.
Le ton employé par les représentants des travailleurs ne laisse guère de place à l’ambiguïté. « Au terme de ce préavis, la délégation syndicale se réserve le droit de déclencher une grève à durée indéterminée jusqu’à la signature du protocole d’accord 2026 », avertit le document.
À l’origine de cette montée de tension, les travailleurs dénoncent ce qu’ils qualifient de « refus catégorique » du gouverneur de signer le protocole d’accord 2026, présenté comme l’aboutissement des négociations menées entre le Cabinet et les représentants du personnel autour de leur plateforme revendicative.
Le syndicat exhorte ainsi la direction à privilégier le dialogue afin d’éviter une paralysie de l’institution.
« Nous invitons le Cabinet à prendre les dispositions nécessaires afin de trouver une issue favorable et constructive à cette situation pour éviter un durcissement du mouvement syndical », a déclaré Aboubacar Sidiki Camara.
Une source proche du Cabinet du gouverneur contactée par notre rédaction confirme avoir reçu le préavis de grève mais se montre plus nuancée sur les accusations portées par le syndicat.
« Je ne fais que constater ce qui est écrit, tout comme vous. Est-ce que le Cabinet a catégoriquement refusé de signer ou a-t-il simplement souhaité reporter le délai ? Je ne saurais le dire », affirme cette source, précisant ne pas avoir participé aux séances de négociation. Selon elle, les discussions sont loin d’être rompues.
« Il s’agit d’un processus évolutif qui ne date pas d’aujourd’hui. Plusieurs revendications ont déjà été satisfaites, tandis que d’autres continuent d’être examinées selon un calendrier défini par les autorités », explique notre interlocuteur.
Sur les points encore en suspens, la même source indique que les représentants syndicaux ont choisi de ne pas communiquer publiquement afin de préserver la sérénité des négociations.
« Le syndicat informe régulièrement le personnel de l’évolution des discussions. Chaque avancée est portée à la connaissance des travailleurs », ajoute-t-elle.
Joint par téléphone, un membre de la délégation syndicale confirme que les négociations se poursuivent en interne et qu’une communication officielle pourrait intervenir dans les prochaines heures.
En attendant, le dépôt de ce préavis place la Banque centrale dans une zone de fortes turbulences. Si aucun compromis n’est trouvé avant l’expiration du délai fixé, l’institution pourrait être confrontée à une grève illimitée, avec des répercussions potentielles sur son fonctionnement et sur plusieurs mécanismes essentiels du système financier guinéen.
Les prochaines heures s’annoncent donc décisives pour éviter que ce bras de fer social ne débouche sur une crise au sein de l’une des institutions les plus sensibles de l’État.
Par M.DIALLO






