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Bel Air Mining condamnée : la justice pulvérise les licenciements abusifs et impose plus de 2 milliards GNF d’indemnités

CONAKRY – Le couperet est tombé. Après plusieurs mois de contestations sociales, de dénonciations de pratiques jugées arbitraires et de batailles judiciaires, la société minière Bel Air Mining vient de subir l’un des plus lourds revers judiciaires de son histoire en Guinée.

Dans une série de décisions rendues ce vendredi 19 juin 2026, le Tribunal du travail de Conakry a donné raison à plusieurs anciens employés licenciés par l’entreprise, estimant que leur éviction ne reposait sur aucun motif réel, sérieux ou légal. Résultat : la société est condamnée à verser plus de deux milliards de francs guinéens en indemnités, dommages-intérêts et droits divers.

Présidée par le juge Ibrahima Kallo, la juridiction sociale a conclu que les licenciements contestés étaient entachés d’irrégularités, validant ainsi les accusations portées depuis des mois par les travailleurs qui dénonçaient une gestion jugée répressive des revendications syndicales et sociales.

Parmi les bénéficiaires de ces décisions figure M’Hawa Camara, à qui Bel Air Mining devra verser plus de 292 millions de francs guinéens, outre la délivrance d’un certificat de travail.

Dans le dossier Alhassane Souaré, le Tribunal a relevé un fait particulièrement marquant : son licenciement est intervenu après la création d’un groupe WhatsApp regroupant des travailleurs. Les juges ont considéré que cette mesure ne reposait sur aucun fondement légal, condamnant l’entreprise à lui verser plus de 215 millions de francs guinéens ainsi qu’à lui remettre son certificat de travail.

Même issue favorable pour Karamo Soumah, qui obtient plus de 166 millions de francs guinéens, tandis que Sékou Camara se voit attribuer plus de 198 millions de francs guinéens au titre des réparations ordonnées par le Tribunal.

Le dossier le plus lourd concerne toutefois Ibrahima Sory Soumah. Considérant son licenciement comme injustifié, la juridiction a condamné Bel Air Mining à lui verser plus d’un milliard de francs guinéens, un montant exceptionnel qui représente à lui seul près de la moitié des condamnations prononcées contre la société.

De son côté, Mamadou Hady Danfaga obtient plus de 179 millions de francs guinéens, le Tribunal ayant également constaté l’absence de motif valable justifiant son licenciement.

Ces jugements interviennent dans un contexte de fortes tensions sur le site minier de Bel Air Mining à Boffa, où plusieurs travailleurs avaient déclenché un mouvement de grève en septembre 2025 pour dénoncer des licenciements qu’ils jugeaient abusifs, ainsi qu’une détérioration du climat social au sein de l’entreprise.

Au-delà des montants accordés aux plaignants, cette série de décisions sonne comme un avertissement adressé à l’ensemble des entreprises opérant en Guinée. Elle rappelle que la protection des droits des travailleurs demeure une obligation légale à laquelle nul employeur ne peut se soustraire.

Pour Bel Air Mining, cette condamnation en cascade constitue non seulement une lourde sanction financière, mais aussi un sérieux revers en matière d’image et de gestion sociale. Une affaire qui pourrait désormais faire date dans l’histoire des relations de travail dans le secteur minier guinéen.

 

 

Par nimba224.com

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