samedi, septembre 12, 2026
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Fonds souverain de Guinée : Conakry prépare l’arme financière de l’après-ressources

CONAKRY – Et si la Guinée franchissait un cap décisif dans la gestion de ses richesses naturelles ? Le pays avance vers la création de son propre Fonds souverain. Un projet stratégique qui ambitionne de transformer une partie des revenus tirés des ressources nationales en un patrimoine durable, capable à la fois de financer le développement, de renforcer la stabilité budgétaire et de préserver de la richesse pour les générations futures.

C’est dans cette perspective que le Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a organisé, ce mercredi, un atelier consacré à la restitution des travaux préparatoires à la mise en place du Fonds Souverain de Guinée (FSG).

Présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, la rencontre a réuni autour de la table plusieurs membres du Gouvernement, le ministre Secrétaire général de la Présidence, des responsables des administrations sectorielles, des représentants du secteur privé et de la société civile, ainsi que des partenaires techniques, experts et cabinets-conseils mobilisés sur le dossier.

Derrière ce projet se joue une question centrale : comment convertir la richesse issue des ressources naturelles en un actif durable pour l’ensemble de la nation ?

Porté par la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, le Fonds Souverain de Guinée est appelé à devenir un instrument majeur de gestion et de valorisation des ressources nationales.

Son ambition est triple : financer le développement, contribuer à la stabilisation des finances publiques et épargner une partie de la richesse nationale au profit des générations futures.

Une orientation qui prend une résonance particulière pour un pays disposant d’importantes ressources minières, mais confronté à l’impératif de transformer durablement cette richesse en croissance, en infrastructures et en opportunités économiques.

À l’ouverture des travaux, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur l’importance de la démarche engagée, notamment sur la nécessité d’associer les différentes composantes de l’administration, les experts et les partenaires impliqués dans la conception du futur dispositif.

De son côté, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a rappelé que la création du FSG s’inscrit dans la volonté présidentielle de faire de la gestion responsable des ressources nationales un levier du développement durable.

Pour le Gouvernement, l’enjeu dépasse donc la simple création d’un nouvel instrument financier. Il s’agit de transformer une partie de la rente issue des ressources naturelles en un patrimoine susceptible de produire de la valeur sur le long terme.

Mais cette ambition ne pourra être crédible qu’à une condition : que le futur Fonds repose sur des règles de gouvernance suffisamment solides pour protéger ses ressources.

La ministre a ainsi mis l’accent sur trois exigences : rigueur dans la gouvernance, responsabilité dans la gestion financière et transparence dans l’utilisation des ressources.

Des exigences d’autant plus sensibles que le FSG pourrait, à terme, gérer des volumes financiers considérables.

Les travaux préparatoires présentés lors de l’atelier ont porté sur plusieurs dimensions essentielles du futur Fonds.

Les experts ont notamment examiné sa faisabilité juridique, son modèle institutionnel et de gouvernance, son modèle financier, les mécanismes de sécurisation des ressources, ainsi que les dispositifs destinés à encadrer les risques, la transparence et le contrôle.

Autrement dit, la Guinée ne se contente plus d’annoncer la création d’un Fonds souverain : elle travaille désormais à en définir l’architecture.

Ces travaux ont bénéficié de l’accompagnement de SouthBridge, Allen & Overy Shearman et Sylla & Partners, avant de faire l’objet d’une revue technique interne par les services du ministère.

Cette étape marque ainsi une avancée dans le processus de création du Fonds Souverain de Guinée. Mais la restitution des études ne constitue qu’un jalon.

Le véritable défi sera désormais de traduire les recommandations techniques en règles claires, mécanismes de contrôle robustes et institutions suffisamment indépendantes et crédibles pour garantir la bonne gestion des ressources confiées au Fonds.

Car au-delà de l’effet d’annonce, la réussite du FSG se mesurera à une question simple : la richesse extraite aujourd’hui du sous-sol guinéen saura-t-elle devenir le patrimoine durable de toute une nation ?

C’est précisément sur cette promesse que le futur Fonds souverain sera attendu.

 

Par O.BANGOURA

 

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