CONAKRY – La pénurie de gaz butane qui a plongé de nombreux ménages dans l’inquiétude ces derniers jours pourrait enfin connaître son épilogue. Entre hier et ce jeudi matin, cinq citernes ont quitté le dépôt de Kamsar, donnant un premier signal concret d’une reprise progressive de l’approvisionnement du marché guinéen.
Bouteilles vides entassées dans les quartiers, longues files d’attente devant les points de vente et consommateurs contraints de multiplier les déplacements : la tension autour du gaz domestique était montée d’un cran ces derniers jours.
Selon les informations recueillies auprès de plusieurs opérateurs, les premières opérations de ravitaillement ont effectivement repris, avec l’acheminement de gaz depuis le dépôt de Kamsar vers plusieurs centres emplisseurs du pays.
Depuis le mardi 25 août, environ 100 tonnes de gaz butane ont déjà été acheminées vers les centres de GNG Dubréka, GNG Labé, SAFIGAZ et YaGaz.
Les autres opérateurs sont également progressivement livrés. Des opérations de livraison se poursuivaient encore dans la soirée de mercredi et ce jeudi matin, avec notamment la sortie de cinq citernes supplémentaires du dépôt de Kamsar.
Une évolution qui pourrait permettre de rétablir progressivement la disponibilité du gaz dans les différents points de vente.
Dans les centres emplisseurs, les opérations d’enfûtage ont repris. Les équipes ont été renforcées afin d’accélérer le remplissage des bouteilles destinées aux consommateurs.
Les transporteurs ont, eux aussi, été mobilisés pour assurer l’acheminement des bouteilles pleines vers les différents points de distribution et éviter une nouvelle rupture dans la chaîne d’approvisionnement.
Selon les informations recueillies par notre rédaction, les premières bouteilles pleines devraient progressivement être disponibles dans les points de vente à partir de ce jeudi.
Pour les ménages confrontés depuis plusieurs jours à la difficulté de trouver du gaz, cette reprise constitue un véritable soulagement.
Cette reprise intervient alors que 1 146 tonnes de gaz butane avaient été réceptionnées au dépôt de Kamsar le 17 août dernier. Une partie de cette cargaison commence désormais à être évacuée vers les différents centres emplisseurs.
Au-delà de la crise actuelle, cette situation met en évidence une évolution importante du marché guinéen : la consommation de gaz butane connaît une progression soutenue, notamment avec l’arrivée de nouvelles bouteilles sur le marché.
En 2025, la Guinée avait enregistré une importation globale de 8 530 tonnes métriques de gaz butane. À ce jour, le volume importé pour l’année 2026 dépasse déjà 7 900 tonnes métriques, selon les informations disponibles.
Cette progression traduit l’adhésion croissante des ménages à l’utilisation du gaz butane comme source d’énergie domestique, mais elle pose également la question de la capacité du pays à répondre durablement à une demande en pleine croissance.
Mais cette pénurie n’aurait pas été uniquement liée aux contraintes d’approvisionnement.
Selon les informations recueillies auprès de plusieurs sources, la situation serait également intervenue dans un contexte de discussions entre l’importateur Guinée Gaz et le FAPGAZ autour de la future structure des prix du gaz butane. Une nouvelle formule tarifaire doit entrer en vigueur à partir du mois de septembre, avec notamment l’application d’un mécanisme de subvention à la consommation.
Selon nos informations, l’importateur aurait souhaité que cette nouvelle formule soit appliquée à la cargaison réceptionnée au mois d’août, avec la prise en compte des droits de passage au niveau du dépôt.
Après plusieurs échanges, un accord de principe aurait finalement été trouvé entre les différentes parties, ce qui aurait contribué au déblocage progressif de la situation.
Si la sortie des citernes de Kamsar et la reprise de l’enfûtage constituent une bouffée d’oxygène pour les consommateurs, la crise aura surtout mis en lumière la nécessité pour la Guinée de sécuriser son approvisionnement en gaz butane et d’accroître ses capacités de stockage.
L’enjeu devient d’autant plus important avec la mise en service de l’usine de fabrication de bouteilles de Konta, qui favorise l’accès des ménages à de nouveaux équipements et pourrait mécaniquement accroître la demande en gaz.
Plus de bouteilles sur le marché, c’est aussi plus de gaz à importer, à stocker et à distribuer. La sortie de cinq citernes entre hier et aujourd’hui marque donc un premier tournant dans cette crise. Reste désormais le plus important : transformer cette reprise ponctuelle en approvisionnement régulier et durable, afin que les bouteilles pleines retrouvent rapidement les foyers guinéens.
Par Lans YANS






