KANKAN – Ils affirment servir l’État depuis plus d’une année sans percevoir le moindre salaire. À Kankan, les chauffeurs affectés à la conduite des véhicules administratifs de la sous-préfecture de Fodékaria Balimana dénoncent une situation qu’ils jugent « intenable » et interpellent directement les plus hautes autorités du pays pour obtenir la régularisation de leur statut.
Réunis ce mardi, ces agents affirment n’avoir bénéficié, depuis leur prise de fonction, que d’une prime unique de 1,6 million de francs guinéens, versée par l’Agence nationale de financement des collectivités locales (ANAFIC). Depuis, assurent-ils, aucune rémunération mensuelle ne leur aurait été versée.
Au nom de ses collègues, Seydou Doumbouya explique que les chauffeurs ont eux-mêmes convoyé les véhicules administratifs depuis Conakry jusqu’à leur localité avant d’assurer quotidiennement leur exploitation.
« Le véhicule que je conduis appartient à la sous-préfecture de Fodékaria Balimana. C’est nous-mêmes qui sommes allés le récupérer à Conakry. Cela fait maintenant un an que nous travaillons avec ces véhicules. Nous n’avons reçu qu’une seule prime de 1,6 million de francs guinéens de l’ANAFIC. Depuis, nous continuons à travailler sans être payés », affirme-t-il.
Selon les intéressés, cette absence de rémunération plonge plusieurs d’entre eux dans une situation financière particulièrement difficile, alors qu’ils doivent faire face aux charges de leurs familles.
Les chauffeurs soutiennent également qu’au moment de leur recrutement, il leur avait été assuré que leur prise en charge salariale serait effectuée par l’État. C’est sur la base de cet engagement, disent-ils, qu’ils ont accepté leurs fonctions.
« On nous avait annoncé que le gouvernement allait assurer notre salaire. Cette information nous avait été donnée par le ministre Ibrahima Kalil Condé. Nous avons donc continué à travailler dans l’attente de la mise en place de notre rémunération », poursuit leur porte-parole.
Face à cette situation, les chauffeurs lancent un appel au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, ainsi qu’aux autorités compétentes afin que leur situation administrative et salariale soit rapidement examinée.
« Nous demandons au président de la République et à son ministre d’avoir pitié de nous. Nous voulons simplement être payés afin de pouvoir nourrir nos familles », plaident-ils.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, cité par les chauffeurs. Ceux-ci disent désormais attendre une réponse des autorités, dans l’espoir qu’une solution soit trouvée dans les meilleurs délais.
Par nimba224.com






