CONAKRY – Le président de la République a opéré un changement majeur à la tête de la Société des Eaux de Guinée (SEG SA). À travers un décret lu ce mardi à la télévision nationale, le Général Mamadi Doumbouya a nommé Algassimou Dioubaté au poste de Directeur Général de l’entreprise publique chargée de la production et de la distribution d’eau potable sur l’ensemble du territoire national.
Cette nomination intervient dans un contexte où l’accès à l’eau demeure l’un des défis les plus sensibles pour des millions de Guinéens, notamment dans le Grand Conakry et plusieurs centres urbains de l’intérieur du pays.
Le nouveau Directeur Général hérite ainsi d’une mission particulièrement stratégique : accélérer les réformes du secteur, améliorer les performances de la société et répondre aux attentes grandissantes des populations confrontées à des pénuries récurrentes et à des difficultés d’approvisionnement.
Dans le même décret, Thierno Mamadou Nassirou Diallo, qui dirigeait la SEG depuis septembre 2024, est nommé Directeur Général Adjoint. Une décision qui, loin de traduire une mise à l’écart, semble plutôt s’inscrire dans une logique de réorganisation interne visant à préserver l’expérience acquise tout en insufflant un nouveau souffle à la gouvernance de l’entreprise.
Les deux responsables sont désormais attendus au pied du mur. Leur principal défi sera de transformer les promesses de réforme en résultats concrets, dans un secteur où les attentes des citoyens restent particulièrement élevées.
Au-delà de la SEG, ce réaménagement suscite déjà de nombreuses interrogations dans les milieux administratifs et politiques. En choisissant de remplacer un Directeur Général tout en le maintenant dans l’équipe dirigeante, le chef de l’État semble privilégier une approche fondée davantage sur la performance et l’efficacité que sur les considérations de statut ou d’ancienneté.
Cette décision pourrait être interprétée comme un message clair adressé à l’ensemble des gestionnaires des entreprises publiques : aucun poste ne serait définitivement acquis et seuls les résultats constitueraient désormais le véritable baromètre du maintien aux responsabilités.
Plus encore, certains observateurs y voient les prémices d’une nouvelle vague de réajustements au sein de l’appareil d’État. Si cette logique venait à être appliquée de manière uniforme, elle pourrait également toucher certains départements ministériels, où les attentes en matière de résultats demeurent fortes. Une telle orientation ouvrirait alors la voie à une promotion accrue des profils jugés les plus performants et les plus méritants, conformément au discours de refondation et de culture du résultat régulièrement défendu par les autorités de la Transition.
Reste désormais à savoir si ce changement à la tête de la SEG constitue un simple réaménagement sectoriel ou le début d’une dynamique plus large appelée à redessiner les équilibres au sein de l’administration publique guinéenne. Une chose est sûre : ce décret n’est pas passé inaperçu et pourrait bien marquer un tournant dans la gouvernance des entreprises stratégiques de l’État.
Par F. MAOMOU






