Tribune – Il fut un temps où le métier de journaliste imposait une seule exigence : la vérité des faits. Aujourd’hui, certains ont choisi une autre voie : celle du vacarme médiatique, de la manipulation émotionnelle et de la diffamation calculée. Cheikh Yérim Seck semble malheureusement s’être installé durablement dans cette dérive où le sensationnel vaut davantage que la crédibilité et où l’attaque personnelle tient lieu d’enquête.
L’homme qui se présente comme un “journaliste d’investigation” traîne pourtant derrière lui un lourd passif judiciaire et déontologique. Son arrestation par la gendarmerie sénégalaise en 2020 pour « diffusion de fausses nouvelles et diffamation » n’était pas le fruit du hasard ni une quelconque cabale politique. C’était déjà le symptôme d’une pratique médiatique dangereuse : accuser d’abord, chercher les preuves ensuite… quand il y en a.
Depuis plusieurs années, Cheikh Yérim Seck s’est spécialisé dans une recette devenue prévisible : fabriquer des polémiques, lancer des accusations spectaculaires, alimenter les réseaux sociaux et entretenir un climat de suspicion permanente autour de personnalités publiques. Derrière le vernis du “journalisme offensif”, beaucoup voient désormais un système fondé sur l’agitation, le bruit et la quête obsessionnelle de visibilité.
Sa récente sortie contre le Général Amara Camara et Ousmane Doumbouya ne déroge pas à cette logique. Rien de neuf. Rien de solide. Rien de sérieusement documenté. Une fois encore, le procédé consiste à recycler des insinuations, à déformer des faits et à tenter de leur donner une apparence de vérité par la répétition médiatique.
Le plus préoccupant reste cette posture devenue presque systématique : frapper médiatiquement puis se réfugier derrière le déni lorsque les conséquences deviennent trop lourdes. À plusieurs reprises, des contenus polémiques lui ont été attribués avant qu’il ne tente de s’en distancier, invoquant des manipulations ou des interprétations erronées. Une attitude qui traduit moins de la prudence journalistique qu’une incapacité chronique à assumer ses propres méthodes.
En réalité, Cheikh Yérim Seck semble avoir transformé le journalisme en instrument de règlements de comptes politiques. Son discours épouse souvent les intérêts circonstanciels de certains réseaux hostiles, au point de donner l’impression qu’il agit davantage comme porte-voix officieux d’agendas obscurs que comme professionnel de l’information. Là où un journaliste sérieux vérifie, confronte et contextualise, lui préfère souvent l’accusation brutale, le soupçon permanent et l’emballement médiatique.
Cette stratégie est connue : salir pour fragiliser, insinuer pour discréditer, marteler pour influencer. En ciblant des figures centrales comme le Général Amara Camara ou Ousmane Doumbouya, l’objectif est clair : atteindre les symboles de stabilité et créer artificiellement une crise de confiance dans l’opinion publique. Une méthode de déstabilisation politique déguisée en liberté d’expression.
Mais le problème de ceux qui abusent de la parole publique, c’est qu’ils finissent par être rattrapés par leur propre excès. À force de crier au scandale sur tout et n’importe quoi, la parole perd sa valeur. À force de transformer chaque intervention en procès médiatique, l’opinion finit par distinguer l’information de la simple agitation.
Le plus ironique dans cette affaire est que celui qui prétend défendre la transparence devient lui-même prisonnier de contradictions permanentes. Comment se réclamer de l’éthique journalistique tout en multipliant les accusations sans preuves irréfutables ? Comment invoquer la liberté de la presse tout en utilisant cette liberté comme arme de diffamation massive ? Comment prétendre informer lorsqu’on semble avant tout préoccupé par le buzz et les intérêts de ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre ?
Au Sénégal comme ailleurs, de plus en plus de voix dénoncent désormais cette dérive d’un journalisme devenu spectacle. Même au sein des instances professionnelles sénégalaises, ses propos ont souvent suscité malaise et indignation. Ce n’est pas un hasard. Car lorsque la recherche du scandale remplace la rigueur des faits, ce n’est plus du journalisme : c’est du militantisme déguisé.
L’Afrique mérite mieux que des marchands de polémiques. Elle mérite des journalistes capables d’éclairer les citoyens, non de manipuler les émotions. Elle mérite des voix responsables, pas des entrepreneurs du chaos médiatique.
Et malgré le vacarme, une réalité demeure : les campagnes de dénigrement répétitives contre le Général Amara Camara et Ousmane Doumbouya n’ont jusqu’ici produit qu’un seul résultat — révéler davantage la fébrilité de ceux qui cherchent désespérément à exister à travers la controverse.
À suivre…
Par O.B






