Le procès opposant Afriland First Bank au président de la Chambre nationale d’Agriculture, Souleymane Bérété, alias « Apache », a pris un tournant inattendu ce mercredi 11 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Kaloum.
Alors que la banque réclame réparation dans une affaire liée à un prêt controversé, le ministère public a estimé que les infractions reprochées aux prévenus ne sont pas constituées, ouvrant la voie à une possible relaxe.
Souleymane Bérété et plusieurs de ses coaccusés sont poursuivis pour organisation frauduleuse d’insolvabilité, faux et usage de faux et complicité. Ils comparaissent libres devant la juridiction.
Selon la partie civile, les prévenus auraient procédé à un virement de 14 millions de dollars vers la Banque centrale, une opération qui aurait compromis la capacité d’Afriland First Bank à récupérer les fonds prêtés à la Chambre nationale d’Agriculture.
L’établissement bancaire affirme avoir accordé à l’institution un prêt de 14 milliards de francs guinéens, aujourd’hui difficile à recouvrer.
Lors de l’audience, l’avocat de la banque a plaidé la responsabilité des prévenus dans cette situation. « Afriland First Bank a octroyé un prêt de 14 milliards à la Chambre nationale d’Agriculture. Aujourd’hui, notre cliente peine à récupérer sa créance en raison des actes posés par les prévenus », a-t-il déclaré devant le tribunal.
La banque a ainsi demandé la condamnation solidaire des prévenus au paiement de 7 millions de dollars à titre de dommages et intérêts. Mais dans ses réquisitions, le ministère public a pris le contrepied de la partie civile.
Le procureur a estimé que les éléments matériels et intentionnels nécessaires pour caractériser les infractions ne sont pas établis dans le dossier.
Selon le parquet, ni l’organisation frauduleuse d’insolvabilité, ni les faits de faux et usage de faux, ni même la complicité ne sont suffisamment démontrés au regard de la loi pénale.
En conséquence, le ministère public a demandé au tribunal de renvoyer les prévenus des fins de la poursuite. S’appuyant sur ces réquisitions, les avocats de Souleymane Bérété et de ses coaccusés ont dénoncé une procédure infondée.
La défense affirme que la banque n’a apporté aucune preuve démontrant une quelconque manœuvre frauduleuse ou détournement de fonds.
Les avocats des prévenus ont même demandé au tribunal de condamner Afriland First Bank à verser 10 milliards de francs guinéens pour constitution abusive de partie civile, estimant que cette affaire a gravement porté atteinte à la réputation de leurs clients.
Ils ont également sollicité la publication de la décision judiciaire dans les journaux officiels du pays aux frais de la banque.
Après les plaidoiries et les dernières observations des différentes parties, le tribunal correctionnel de Kaloum a décidé de mettre l’affaire en délibéré.
Le jugement dans ce dossier sensible est attendu le 24 avril 2026.
Une décision qui pourrait clore un bras de fer judiciaire particulièrement suivi dans les milieux financiers et institutionnels du pays.
Par nimba224.com






