CONAKRY – L’affaire relance le débat sur l’insécurité et la prolifération d’armes détenues par des particuliers. Mamadou Abdoulaye Sow, commerçant, a comparu ce mardi 10 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Dixinn pour répondre d’accusations d’abstention délictueuse et de détention illégale d’armes.
Le prévenu, qui comparaît libre, n’a pas nié les faits. À la barre, il a reconnu avoir conservé deux armes à feu à son domicile, affirmant toutefois que cette décision était dictée par la nécessité de protéger sa famille face à une série d’attaques de bandits.
Face au tribunal, Mamadou Abdoulaye Sow a expliqué que ces armes avaient été acquises dans un contexte d’insécurité récurrente dont il se dit victime.
« J’ai cherché ces deux armes pour assurer ma sécurité et celle de ma famille parce que j’étais régulièrement victime d’attaques. J’ai même engagé un vigile pour renforcer la sécurité de ma concession. Je lui ai confié l’une des armes et j’ai gardé l’autre avec moi », a-t-il déclaré devant la juridiction.
Selon le récit du prévenu, l’affaire a éclaté de manière inattendue, lors d’une opération de déguerpissement menée par les autorités sur le site où se trouvait sa concession.
« Des agents sont venus nous informer que le domaine appartenait à l’État et nous ont demandé de quitter les lieux. C’est ce jour-là qu’ils ont découvert les deux armes chez moi et m’ont immédiatement interpellé », a-t-il expliqué.
Après son arrestation, il avait été placé sous mandat de dépôt pour répondre des infractions qui lui sont reprochées.
Mamadou Abdoulaye Sow affirme par ailleurs avoir acquis ces armes par l’intermédiaire d’une connaissance et soutient avoir entrepris des démarches pour régulariser leur détention.
Selon lui, un policier lui aurait demandé plusieurs pièces administratives — carte nationale d’identité, documents de commerce et adresse de résidence — afin d’établir les autorisations nécessaires.
« Je ne savais pas que les documents qu’il m’avait remis étaient faux. Mon intention était seulement d’assurer la sécurité de ma famille après les nombreuses attaques dont j’avais été victime », a-t-il affirmé.
Après avoir entendu les explications du prévenu et les différentes parties, le tribunal correctionnel de Dixinn a décidé de renvoyer l’affaire au 17 mars 2026.
Lors de la prochaine audience, le ministère public présentera ses réquisitions, avant les plaidoiries de la défense, dans un dossier qui met en lumière la délicate question de la détention d’armes par des civils face au sentiment d’insécurité.
Par nimba224.com






