CONAKRY – Nouveau rebondissement dans l’affaire impliquant Mamadou Saïdou Baldé, ancien receveur communal de Matoto. Alors que les débats étaient très attendus ce mardi 10 mars 2026 devant la Chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), la juridiction a finalement renvoyé l’examen du dossier au 24 mars prochain, faute de comparution du prévenu.
Une décision qui prolonge le suspense dans un dossier explosif où près de 47 milliards de francs guinéens sont au centre des accusations.
Poursuivi par l’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État, l’ancien gestionnaire des finances de la commune de Matoto fait face à un faisceau d’accusations lourdes :
– Détournement de deniers publics,
– Corruption d’agents publics,
– Faux et usage de faux en écritures publiques,
– Enrichissement illicite
– Et complicité.
Selon l’accusation, les faits portent précisément sur 46 milliards 888 millions 085 mille 473 francs guinéens, un montant destiné au paiement des pensions civiles et militaires pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2021 dans la commune de Matoto.
Au cours des audiences précédentes, le ministère public a soutenu que les décaissements incriminés auraient été effectués dans un contexte particulièrement sensible pour l’État guinéen.
Les transactions seraient intervenues au moment où les autorités de la transition avaient ordonné le gel des comptes de plusieurs gestionnaires publics, dans la foulée de la prise du pouvoir par les militaires le 5 septembre 2021, après le renversement du régime de l’ancien président Alpha Condé.
Pour l’accusation, ces opérations financières soulèvent de graves interrogations sur la légalité et la traçabilité des fonds publics manipulés à cette période charnière.
Depuis l’ouverture de la procédure devant la CRIEF, Mamadou Saïdou Baldé comparaît libre, tout en rejetant les accusations portées contre lui.
Le renvoi de l’audience au 24 mars 2026 devrait permettre la reprise effective des débats dans cette affaire qui met en lumière la gestion controversée de dizaines de milliards de francs publics au niveau d’une des plus grandes communes de la capitale.
Un procès particulièrement suivi, tant les enjeux financiers et politiques restent considérables.
Par nimba224.com






