La fracture est désormais ouverte. Dans une déclaration au ton particulièrement offensif publiée ce dimanche 22 février 2026, l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG) a lancé une attaque frontale contre la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), l’accusant de manœuvres dilatoires et de fuite devant les élections sociales.
Au cœur du bras de fer : la priorité donnée par la CNTG à une « plateforme revendicative » alors que l’USTG réclame l’organisation urgente d’élections destinées à mesurer la représentativité syndicale.
Pour l’USTG, le choix stratégique de la CNTG ne relève pas du hasard. La centrale syndicale y voit une tentative de :
contourner le verdict des urnes ; conserver des positions sans légitimité actualisée ; monopoliser la parole des travailleurs sans mandat démocratique.
« Aucune organisation, aussi ancienne soit-elle, ne peut prétendre parler au nom des travailleurs sans avoir reçu leur mandat libre, démocratique et souverain », martèle le Bureau exécutif national dans son communiqué.
Le message est clair : la représentativité ne s’hérite pas, elle se conquiert.
L’USTG estime qu’engager des revendications nationales sans passer par le filtre des urnes fragilise toute démarche syndicale. Pour elle, porter une plateforme sociale sans validation électorale constitue une entorse aux principes mêmes de l’éthique syndicale.
En 2026, insiste l’organisation, les élections sociales ne sont plus une option politique, mais la condition sine qua non de toute action légitime.
Face à ce qu’elle qualifie de blocage organisé, l’USTG pose trois revendications majeures :
1- L’organisation immédiate d’élections sociales transparentes et inclusives.
2- Le respect du droit souverain des travailleurs à choisir librement leurs représentants.
3- La fin des manœuvres visant à retarder la refondation démocratique du mouvement syndical.
En proclamant que « le temps des désignations arbitraires est révolu », l’USTG se positionne en fer de lance d’un syndicalisme qu’elle veut modernisé, opposé à ce qu’elle considère comme un immobilisme conservateur.
Cette escalade verbale marque un tournant dans le paysage syndical guinéen. Au-delà du duel USTG–CNTG, c’est la question centrale de la légitimité et de la représentativité qui s’impose désormais comme enjeu majeur.
Dans un climat social déjà sous tension, l’organisation d’élections sociales pourrait devenir le véritable baromètre de la démocratie sociale en Guinée. Reste à savoir si les autorités et les autres centrales syndicales saisiront cet appel aux urnes — ou si la crise s’enlisera davantage.
Par nimba224.com






