Le Syndicat National de l’Éducation (SNE) est monté au créneau après la décision controversée de la Direction Préfectorale de l’Éducation de Boké, ayant conduit à l’exclusion de cinq élèves et au limogeage de l’équipe dirigeante du Lycée N’Dama.
Si le syndicat reconnaît la volonté des autorités de dissuader les dérives comportementales en milieu juvénile, il estime toutefois que les mesures prises relèvent davantage d’une réaction émotionnelle que d’une réponse administrative conforme aux règles.
Dans un communiqué ferme, le SNE pointe plusieurs manquements majeurs :
Une atteinte à la mission éducative : l’exclusion définitive, selon le syndicat, doit demeurer un ultime recours. Sanctionner sans évaluer l’environnement familial des élèves ni l’influence des réseaux sociaux revient à ignorer la dimension humaine du problème.
Une responsabilité mal attribuée : les faits reprochés se seraient produits dans un cadre strictement privé, à la cité CBG, hors de l’enceinte scolaire. Dès lors, le SNE juge « inopportun » le renvoi des responsables du lycée, dont la responsabilité administrative ne saurait être engagée.
Un abus d’autorité caractérisé : la Direction Préfectorale n’a, selon le syndicat, aucune compétence pour étendre une sanction à portée nationale. Une décision qualifiée sans détour d’« excès de pouvoir ».
Une réaction tardive de la hiérarchie : l’instruction visant à vulgariser les règlements intérieurs après l’incident est assimilée à un « remède après la mort ». Cette mesure aurait dû être appliquée et supervisée dès la rentrée scolaire.
Face à ce qu’il considère comme une gestion précipitée sous pression de l’opinion, le SNE propose une alternative structurée autour de quatre axes :
– Remplacer l’exclusion par une sanction réparatrice, incluant un engagement écrit des parents et des excuses publiques des élèves sur les mêmes plateformes numériques ayant servi à la diffusion des faits.
– Rétablir immédiatement l’administration du Lycée N’Dama, les événements étant survenus hors du domaine scolaire.
– Encadrer strictement l’usage du téléphone à l’école, en le limitant aux seuls besoins pédagogiques.
– Réformer les programmes, en introduisant une éducation à la vie affective et aux réseaux sociaux, tout en renforçant les règles relatives à l’éthique vestimentaire.
« L’élève est une cire molle que le système doit modeler ; si la forme est imparfaite, c’est souvent la main de l’artisan ou la température du moule qu’il faut revoir », souligne le communiqué.
En conclusion, le Syndicat National de l’Éducation affirme sa solidarité totale envers les responsables du Lycée N’Dama et prévient qu’il utilisera toutes les voies légales pour obtenir leur réintégration.
Un bras de fer institutionnel s’annonce, sur fond de débat national autour des limites de la sanction scolaire et du rôle de l’école face aux dérives sociales contemporaines.
Par M. DIALLO






