Le procès en appel d’Aboubacar Diaby, ressortissant franco-guinéen poursuivi pour trafic international de cocaïne, a connu son épilogue ce jeudi 10 avril 2025, devant la Cour d’appel de Conakry. Initialement condamné à cinq ans de réclusion criminelle par le tribunal de première instance de Mafanco, l’accusé voit sa peine réduite à deux ans de prison. Il devra en outre s’acquitter d’une amende de 200 millions de francs guinéens. La Cour a également ordonné la destruction des 6,4 kilogrammes de cocaïne saisis, jusque-là conservés par l’Office Central Anti-Drogue (OCAD).
Chauffeur de profession, Aboubacar Diaby a été arrêté le 24 septembre 2024 à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry, en possession de deux valises contenant de la cocaïne dissimulée dans des doubles fonds. Les quantités découvertes s’élevaient respectivement à 3 et 3,4 kilogrammes. Lors de son procès, l’accusé a reconnu les faits, affirmant toutefois avoir été dupé par un ami, Ousmane Guirassy.
« C’est la deuxième fois que je viens en Guinée. J’ai demandé à Ousmane de me trouver une valise. Il m’a remis deux valises via un ami au marché de Yimbaya. Il m’a dit que l’une était destinée à sa tante en France. J’ai vérifié, elles étaient vides, alors j’y ai mis mes effets. À l’aéroport, les douaniers m’ont arrêté et m’ont informé que de la drogue était dissimulée à l’intérieur. C’est Ousmane qui m’a piégé. Je ne connais ni son adresse à Conakry ni son numéro », a expliqué Aboubacar Diaby à la barre.
En première instance, l’accusé avait été condamné à cinq ans de prison. Son avocat, Me M’Bomby Mara, a fait appel, estimant la peine disproportionnée au regard de la coopération de son client avec la justice depuis l’enquête préliminaire. Il a notamment souligné l’absence de preuve d’intention criminelle et plaidé pour l’octroi de circonstances atténuantes.
De son côté, l’avocat général a exprimé sa déception quant à la peine initiale, jugée trop clémente face à la gravité du trafic de drogue. Il a regretté que le parquet n’ait pas interjeté appel à son tour et a demandé la confirmation de la condamnation initiale.
Au terme des débats, la Cour d’appel a partiellement infirmé la décision du tribunal de première instance. Aboubacar Diaby a été condamné à deux ans de réclusion criminelle, avec maintien de l’amende de 200 millions de francs guinéens. La Cour a également ordonné la destruction immédiate de la drogue saisie.
Un verdict qui relance le débat sur la sévérité des peines dans les affaires de trafic international de stupéfiants en Guinée, dans un contexte de lutte accrue contre le narcotrafic sur le territoire national.
Par M. Diallo






