jeudi, mars 12, 2026
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Faux patriotes et manipulateurs : Quand l’engagement politique se cache derrière le masque du civisme (Par Ousmane Bangoura)

En Guinée, un phénomène préoccupant gangrène le débat public et entrave la marche vers une démocratie apaisée. Il s’agit de ces individus, militants déguisés en citoyens préoccupés par le développement du pays, mais qui, en réalité, ne défendent qu’un agenda partisan, ethnique ou régionaliste. Ces faux patriotes, prompts à encenser les journalistes qui dénoncent les dérives du pouvoir en place, deviennent les premiers à les accuser de « vendus » dès qu’ils reconnaissent une action positive du gouvernement.

Ce double jeu, savamment orchestré, est un poison pour la liberté d’expression et la consolidation démocratique. Ils se positionnent comme des défenseurs du peuple, mais leur engagement n’a rien d’altruiste. Leur loyauté ne va ni à la Guinée ni aux principes démocratiques, mais bien à leur parti, à leur communauté ou à leurs propres intérêts.

Une manipulation bien rodée

Leur stratégie est simple mais pernicieuse :

1. L’instrumentalisation du journalisme

• Tant qu’un journaliste critique un régime qu’ils combattent, il est acclamé comme un « héros », un « résistant », un « sauveur ». Mais dès qu’il adopte une posture équilibrée, en saluant les avancées tout en critiquant les dérives, il devient une cible à abattre. Il est aussitôt taxé de « corrompu », d’« opportuniste » ou de « journaliste à la solde du pouvoir ».

2. Le débat biaisé et la mauvaise foi

• Ces individus envahissent les discussions, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les médias ou dans les cercles de débats politiques, en imposant une pensée unique. Ils ne débattent pas pour construire, mais pour imposer leur idéologie. Toute opinion contraire est systématiquement diabolisée.

3. L’ethnocentrisme et le régionalisme camouflés

• Derrière leurs discours de façade sur l’unité et le progrès national, leur engagement est souvent teinté d’ethnocentrisme et de régionalisme. Leur seul critère d’évaluation d’un régime ou d’un leader politique repose sur l’appartenance communautaire ou l’affiliation partisane, au détriment des compétences et des résultats.

4. L’illusion du combat pour le peuple

• Ils prétendent défendre l’intérêt général, mais leurs actes prouvent le contraire. Lorsque leur camp est au pouvoir, ils trouvent des excuses aux dérives, justifient l’injustifiable et accusent les critiques d’être des « ennemis de la nation ». Mais lorsque le pouvoir change de mains, ils deviennent subitement des champions de la démocratie et de la justice.

Un frein au développement et à la cohésion nationale

Cette posture destructrice contribue largement au retard du pays. Plutôt que d’encourager un débat sain et constructif, ces faux patriotes attisent la division, bloquent les initiatives de développement et sapent la confiance dans les institutions. Leur influence empêche toute reconnaissance objective des progrès réalisés et toute critique constructive des erreurs commises.

Ils créent un climat où l’opinion publique est manipulée, où les voix indépendantes sont étouffées et où le sectarisme prend le pas sur le bon sens. En refusant de voir au-delà de leurs intérêts partisans, ils contribuent à entretenir un cycle de méfiance et d’instabilité qui freine l’émergence d’une Guinée unie et prospère.

Sortir de cette spirale destructrice

La mission d’un journaliste, d’un analyste ou de tout citoyen engagé ne devrait pas être dictée par des calculs partisans, mais par la quête de vérité, d’objectivité et d’intérêt général. La Guinée a besoin de débats éclairés, de critiques constructives et de reconnaissance des efforts accomplis, quelle que soit l’identité politique de ceux qui les portent.

Il est temps de dénoncer ces manipulateurs, ces « militants masqués », et de redonner au débat national sa véritable essence : celle d’une confrontation d’idées fondée sur la raison, l’éthique et l’intérêt supérieur de la nation. Car un pays ne se construit pas sur la haine et la division, mais sur la justice, la vérité et la sincérité des engagements.

Par Ousmane Bangoura 663248787

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