Le tribunal criminel de Mafanco a tenu en haleine son audience ce mercredi avec le procès de Djenabou Condé, commerçante et mère de cinq enfants, poursuivie pour trafic international de drogue à haut risque, conformément à l’article 812 du Code pénal guinéen.
Placée en détention préventive depuis le 3 décembre 2024, cette habitante du quartier Entag Marché, dans la commune de Tombolia, a reconnu sans détour les faits. À la barre, elle a avoué avoir avalé 22 boulettes de cocaïne sur un total de 64, qu’elle devait convoyer vers la Turquie. Les 42 autres boulettes auraient été dissimulées dans des chaussettes.
L’arrestation a eu lieu à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré alors qu’elle s’apprêtait à embarquer. Présentant des signes de complications médicales, elle a été immédiatement transférée à l’hôpital Ignace Deen, où les boulettes ont pu être expulsées sous supervision médicale.
Face aux juges, Djenabou a livré un récit poignant. Abandonnée par son mari parti refaire sa vie au Mozambique, elle explique avoir été poussée à commettre l’irréparable par la misère et la pression familiale, notamment l’organisation du mariage de sa fille.
« Une amie en Tunisie m’a mise en contact avec des inconnus. J’ai reçu 4 800 euros et des instructions pour avaler les boulettes avec du gombo. Après 22, j’ai commencé à vomir du sang… J’ai paniqué », a-t-elle confié, la voix nouée.
Elle affirme que la drogue devait être remise à une certaine Fatou Soumah, en échange d’un complément de 2 000 euros.
« Je n’avais jamais vu de la cocaïne. J’ai honte. Je regrette profondément », a-t-elle conclu en larmes.
À la demande de son avocat, le tribunal a renvoyé l’affaire au 13 mai 2025 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries.
Par M. Diallo






