À Benna Layah, dans la sous-préfecture de Moussaya (préfecture de Forécariah), la colère gronde contre la société Tahie Mining Corporation, exploitant du fer dans la région. Plusieurs habitants dénoncent des conditions de travail jugées précaires au sein de l’usine locale, après deux accidents graves survenus en l’espace de trois jours.
Selon Mohamed Lamine Camara, représentant de la jeunesse de Layah et Dianeyah, le premier incident s’est produit le 20 septembre 2025. Aboubacar Dramé, employé de l’usine, a été grièvement blessé au bras gauche alors qu’il manipulait seul une machine de compression.
« Son collègue était absent et il n’était accompagné que d’une responsable chinoise qui, prise de panique, n’a pas pu l’assister. Il a déclenché la machine tout seul, ce qui a provoqué une violente projection. Il est tombé sur une barre de fer et s’est grièvement blessé », a relaté M. Camara.
Trois jours plus tard, un second drame a failli coûter la vie à un autre ouvrier, Mohamed Yansané, victime d’une électrocution. Envoyé travailler dans une zone boueuse malgré la présence de câbles électriques, le jeune homme aurait été mal informé des risques.
« Le responsable chinois l’avait rassuré, mais il a fini par être électrocuté. Après l’avoir remonté, on s’est contenté de lui donner du Vimto et du lait, sans véritable prise en charge médicale. C’est lui-même qui a dû consulter un médecin », déplore le représentant de la jeunesse.
Pour Mohamed Lamine Camara, ces incidents reflètent des manquements graves en matière de sécurité et de gouvernance interne.
« Il n’existe ni responsable santé-sécurité, ni syndicat, ni véritable direction des ressources humaines ou service de relations communautaires. Il n’y a aucun contrôle et personne pour défendre les travailleurs », a-t-il dénoncé.
Face à cette situation, il lance un appel pressant aux autorités guinéennes pour qu’elles enquêtent sur les pratiques de l’entreprise. Selon lui, il est urgent non seulement de garantir de meilleures conditions de travail aux employés, mais aussi de surveiller l’impact environnemental des activités minières sur la localité.
Ces témoignages relancent le débat sur la responsabilité des sociétés minières opérant en Guinée et sur la nécessité d’un renforcement des normes de sécurité et de contrôle dans un secteur en pleine expansion.
Par Amara CAMARA






