Le ton est désormais ferme et sans équivoque à Siguiri. Le préfet colonel Ibrahima Douramoudou Keita vient de relancer vigoureusement la lutte contre la vente et la consommation de chicha, un fléau qu’il considère comme une menace grave pour la jeunesse de sa juridiction.
Face à la banalisation de cette substance interdite, souvent perçue à tort comme inoffensive, le préfet a décidé de frapper fort :
« Nos fils et filles sont en train de s’empoisonner à petit feu avec la chicha. Il est temps d’agir. »
Pour traduire cette volonté en actes concrets, le colonel Keita a réuni les commerçants locaux dans la salle de conférence de la préfecture. Lors de cette rencontre, les vendeurs ont été informés de la relance de l’interdiction formelle et ont accepté de remettre leurs stocks aux autorités pour incinération publique, selon les termes de l’engagement pris.
Cette décision s’appuie sur l’arrêté conjoint des ministères du Commerce, du Budget, de la Sécurité et de la Protection civile, signé le 5 janvier 2021, interdisant formellement l’importation, la commercialisation et la consommation de la chicha sur toute l’étendue du territoire national.
Malgré cette disposition réglementaire, l’application a été largement ignorée, aussi bien à Conakry que dans les régions de l’intérieur. À Siguiri, le préfet entend bien inverser la tendance.
Désormais, tout contrevenant surpris à vendre ou consommer de la chicha s’exposera à des poursuites judiciaires. Le message est clair : tolérance zéro pour les produits toxiques qui nuisent à la jeunesse.
« La santé et l’avenir de nos enfants valent plus que des profits commerciaux illicites. Ce combat, je le mènerai jusqu’au bout », a martelé le préfet.
Avec cette offensive, Siguiri devient la première préfecture de Guinée à traduire l’interdiction de la chicha en une opération de terrain à grande échelle.
Un signal fort pour les autorités locales à travers le pays, appelées à suivre cet exemple pour protéger la jeunesse et réaffirmer l’autorité de l’État.
Par F. Keita






