mercredi, février 11, 2026
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Sénégal : Moustapha Diakhaté dans la tourmente — Un mot de trop qui le mène en prison !

Un mot. C’est tout ce qu’il aura fallu pour rallumer le débat sur l’“offense au chef de l’État”, une infraction controversée dans le paysage juridique sénégalais. Cette fois, la tempête touche un ancien proche du pouvoir : Moustapha Diakhaté, ex-chef de cabinet du président Macky Sall, aujourd’hui poursuivi pour avoir qualifié le protocole présidentiel de « gougnafier » en direct à la télévision.

C’est dans une émission télévisée que Moustapha Diakhaté a utilisé ce terme pour dénoncer ce qu’il considère comme une mauvaise maîtrise du protocole républicain par le président Bassirou Diomaye Faye. Le procureur, quant à lui, ne voit là rien d’anodin : il estime que le mot, synonyme de « bon à rien », justifie une poursuite pour offense au chef de l’État, un délit passible de trois ans de prison au Sénégal.

« Ce terme peut avoir plusieurs significations, y compris ‘ignorant’. Est-ce pour cela qu’on doit enfermer un homme ? », s’est indigné son avocat, Me Elhadj Diouf.

Il dénonce une dérive liberticide et une tentative de museler toute critique, même dans un cadre démocratique.

Le procureur a requis six mois de prison dont trois fermes, assortis d’une amende de 200 000 francs CFA (environ 305 euros). En attendant le délibéré prévu pour le 2 juillet, Moustapha Diakhaté restera en détention préventive.

Cette affaire relance un vieux débat dans la société civile sénégalaise : l’abrogation de l’infraction d’“offense au chef de l’État”, jugée archaïque et incompatible avec la liberté d’expression.

Alors que le Sénégal se revendique comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, cette poursuite contre un ancien haut responsable politique pour une simple critique alimente les inquiétudes.

« La démocratie ne peut pas se construire sur la censure des mots », déclare un membre d’une organisation de défense des droits humains.

Moustapha Diakhaté, désormais dans le viseur de la justice, devient malgré lui un symbole : celui d’une liberté d’expression mise à rude épreuve par le poids des mots — et des susceptibilités politiques.

Rendez-vous le 2 juillet pour un verdict qui pourrait faire jurisprudence.

nimba224.com

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