Conakry – Le ton se durcit entre l’État et les acteurs économiques. Alors que la Guinée tente de sortir d’une crise de liquidité qui fragilise l’économie nationale, le président de la République Mamadi Doumbouya a lancé un message clair aux opérateurs privés : il est désormais temps de s’aligner sur les nouvelles réformes.
Réunis ce jeudi 25 mars au palais présidentiel, les représentants du secteur privé ont été directement interpellés par le chef de l’État. Selon la présidence guinéenne, Mamadi Doumbouya a appelé les opérateurs économiques à « s’adapter aux réformes engagées afin de mieux répondre aux attentes des populations », dans un contexte marqué par des tensions financières persistantes.
Cette sortie intervient au moment où le Gouvernement déploie une série de mesures d’urgence pour tenter de stabiliser l’économie. Au cœur de cette stratégie : l’accélération de la digitalisation des moyens de paiement, considérée comme un levier prioritaire pour fluidifier les transactions et restaurer la confiance dans le système financier.
Les autorités entendent notamment s’appuyer sur le secteur privé, en particulier les acteurs du Mobile Money, afin de généraliser les paiements électroniques à grande échelle. Une orientation qui marque un tournant dans la politique économique actuelle.
« S’aligner ou disparaître » : le message implicite du pouvoir
Lors de cette rencontre, la présidence indique que le chef de l’État a insisté sur « la nécessité d’aligner les pratiques du secteur privé avec les nouvelles orientations économiques du pays ». Une déclaration perçue par plusieurs observateurs comme un signal fort adressé aux opérateurs économiques, sommés d’accompagner les réformes au lieu de les freiner.
Le président Mamadi Doumbouya a également mis l’accent sur le programme Simandou 2040, présenté comme le pilier de la transformation structurelle de l’économie guinéenne et un levier majeur pour moderniser le pays.
Entre crise de liquidité, réformes financières et volonté de modernisation accélérée, le pouvoir guinéen semble désormais décidé à accélérer le rythme. Et le message adressé au secteur privé est sans ambiguïté : l’économie nationale entre dans une nouvelle phase, où l’adaptation ne sera plus une option, mais une obligation.
Par M.DIALLO






